Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a vivement réagi à la conclusion d’un accord entre le gouvernement du Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI), soulignant l’absence de transparence sur les engagements pris.

Un accord sous le sceau du secret
Alors que le FMI et les autorités sénégalaises ont annoncé un nouveau programme financier d’un montant dépassant 2 milliards de dollars (soit près de 1 245 milliards de francs CFA), Ousmane Sonko a pointé du doigt le manque de clarté entourant les détails précis de cet arrangement. Ancien Premier ministre et figure de l’opposition, il avait déjà alerté sur l’existence d’une dette cachée ayant conduit à la suspension du précédent programme du FMI en 2024.
Les questions sans réponses
Sur sa page Facebook, le président de l’Assemblée nationale a énuméré les interrogations qui persistent après les déclarations officielles :
- Quels sont les engagements du Sénégal en matière de gestion de sa dette publique ?
- Quelles réformes structurelles sont prévues pour assurer la viabilité des finances publiques ?
- Comment seront protégées les populations vulnérables face aux mesures économiques ?
- Quel rôle joueront les audits internationaux de la dette, initialement exigés ?
La demande de transparence
Fort de sa connaissance des négociations menées pendant des mois, Ousmane Sonko exige que le mémorandum d’entente, document central de l’accord, soit rendu public. Selon lui, ce texte doit être soumis à l’ensemble des citoyens, car ce sont eux qui en supporteront les conséquences à court et long terme.
En l’absence de publication immédiate, il appelle le gouvernement à transmettre ce document à l’Assemblée nationale, seule instance habilitée à en débattre au nom du peuple sénégalais. « Les orientations contenues dans cet accord se retrouveront nécessairement dans les prochains textes budgétaires, notamment la loi de finances rectificative ou le projet de budget 2027, qui sera discuté en octobre 2026 », a-t-il précisé.
Un débat parlementaire inévitable
Ousmane Sonko a conclu en annonçant que les débats autour de cet accord ne manqueront pas de s’ouvrir, insistant sur la nécessité d’une information loyale pour éclairer les choix des Sénégalais. « Le peuple doit savoir ce à quoi il s’engage », a-t-il martelé, rappelant que la souveraineté nationale ne peut se concevoir sans une complète transparence.