Paul Biya absent depuis deux mois : le Cameroun face à ses interrogations

Deux mois sans voir le président Paul Biya, alors qu’il entame son huitième mandat, constituent une situation sans précédent dans l’histoire récente du Cameroun.
Cette absence prolongée n’enfreint cependant aucune loi, assure Benoit Ndong Soumeth, ministre chargé de mission à la Présidence. « Une partie de la population, par attachement, souhaite connaître les raisons de cette absence. Le ministre directeur du Cabinet civil a précisé que tout se passe bien. Sa déclaration reste la plus fiable pour rassurer l’ensemble des Camerounais. Aucune situation exceptionnelle ou d’urgence n’est à signaler », explique-t-il.
Pour Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint numéro un et secrétaire national à la communication par intérim du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, cette opacité autour du séjour européen du chef de l’État relève d’un manque de respect envers les citoyens.
« Le peuple camerounais mérite une réponse claire »
« Pourquoi avoir modifié les règles électorales pour s’absenter pendant des semaines en Europe ? Si des problèmes de santé expliquent cette absence, le peuple camerounais doit être informé. Il n’est pas acceptable de maintenir une telle ambiguïté sur l’état de santé du président de la République », dénonce-t-il.
Cabral Libii, candidat arrivé troisième à l’élection présidentielle d’octobre, minimise quant à lui cette polémique. Pour lui, l’enjeu réside ailleurs : « Peu importe où il se trouve, au Cameroun ou à l’étranger, la légalité reste la même. Il existe un vide juridique que je souligne. Avec les législatives et municipales qui approchent, je demande à chacun de voter massivement contre ce régime », déclare-t-il.
Le député du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) mise sur un renversement de majorité pour réformer les textes encadrant les déplacements du président à l’étranger.