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Richard bona dénonce la corruption qui ronge la jeunesse camerounaise

Richard Bona : « la jeunesse camerounaise est corrompue »

Dans une interview choc accordée à la presse internationale, le bassiste et chanteur camerounais Richard Bona, aujourd’hui en exil, a livré une analyse sans concession de la société de son pays. Ses propos, centrés sur la corruption au Cameroun, ont particulièrement visé la jeunesse, suscitant de vives réactions. Selon lui, cette génération, « élevée dans un système où les miettes suffisent », incarne une dérive morale qui hypothèque l’avenir national.

Jeune Camerounais manifestant contre la corruption

Un système qui corrompt même les plus jeunes

Les chiffres sont accablants : d’après Afrobaromètre, 57 % des Camerounais déclarent avoir versé des pots-de-vin pour éviter des ennuis avec les forces de l’ordre. Près de la moitié des citoyens camerounais ont déjà corrompu un agent public pour obtenir des papiers d’identité, et 37 % pour accéder à des soins médicaux. Ces pratiques, normalisées dans le quotidien, façonnent une jeunesse désabusée, prête à tout pour survivre.

Richard Bona ne mâche pas ses mots : « La jeunesse camerounaise est corrompue. Ils attendent juste des miettes. Ce n’est pas une génération qui se bat pour l’avenir, mais pour des privilèges éphémères. » Son diagnostic est sans appel : « Je ne crois même pas que le Cameroun puisse s’en sortir dans ces conditions. »

Les réseaux sociaux s’embrasent

Sur les plateformes numériques, les internautes camerounais ont vivement réagi. Certains partagent leur désillusion : « Les jeunes savent que le policier n’est pas là pour les protéger, mais pour extorquer 500 francs. » D’autres, plus nuancés, rappellent que la corruption au Cameroun ne touche pas toute la jeunesse : « Il y a des jeunes corrompus, mais une majorité subit ce système. »

Les voix discordantes soulignent paradoxalement l’énergie positive d’une partie de cette génération : « Une frange de la jeunesse camerounaise est combative, digne, et donne un espoir réel au pays. Si tous étaient corrompus, le Cameroun serait à l’arrêt. »

Les institutions camerounaises sous pression

Le Cameroun occupe le 142e rang sur 182 pays dans l’Indice de perception de la corruption 2025. La Commission nationale anti-corruption (Conac), dépendante de la présidence, admet dans son rapport 2024 que « des milliards de francs CFA sont détournés chaque année, fragilisant l’État. »

Un fonctionnaire camerounais en poste témoigne : « Beaucoup de jeunes ne voient même plus ce qui est anormal. Ils baignent dans ce système et en profitent. » Pourtant, pour certains observateurs, généraliser serait une erreur. La Conac encourage désormais les citoyens à dénoncer les actes de corruption via sa ligne verte, le 1517.

La corruption, un fléau systémique

Maître Akere Muna, ancien vice-président de Transparency International Cameroun et figure de la lutte contre la corruption, brosse un tableau encore plus sombre. Pour lui, la jeunesse camerounaise n’est pas l’instigatrice du mal, mais plutôt « une complice tacite, prise en étau entre un système corrompu et la nécessité de survivre. »

Il explique : « La corruption au Cameroun est systémique. Les jeunes ne gèrent rien, ils subissent. Pendant quarante ans, on a enseigné qu’il fallait des connexions, du népotisme, du tribalisme pour avancer. Le travail et la compétence ? Peu importe. »

Maître Muna plaide pour une éducation citoyenne qui valorise l’effort et rappelle que « si l’on ne fait rien, on n’ira nulle part. » Son message est clair : il est temps que la jeunesse camerounaise dénonce ce fléau qui hypothèque son avenir.

« La corruption au Cameroun n’est pas l’œuvre d’une génération. Elle est le fruit d’un système qui a tout corrompu, y compris l’espoir de millions de jeunes. »

— Maître Akere Muna, expert en corruption

Entre désillusion et combat, la jeunesse camerounaise reste au cœur d’un débat national brûlant. Son avenir dépendra peut-être de sa capacité à briser ce cycle de corruption qui la ronge.

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