Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Sénateur Kalonda dénonce les dérives des réformes constitutionnelles en afrique

Le sénateur Kalonda expose les dangers des « coups d’État constitutionnels » devant l’Afrique

Lors d’une intervention remarquée au Forum parlementaire sur le renseignement et la sécurité à Addis-Abeba, le sénateur congolais Salomon Kalonda Idi Della a tiré la sonnette d’alarme sur les stratagèmes masqués qui menacent la démocratie sur le continent africain. Son discours, centré sur la République démocratique du Congo, a mis en lumière une réalité préoccupante : l’utilisation de réformes constitutionnelles pour contourner les limites légales et permettre un maintien au pouvoir non conforme à l’esprit démocratique.

Des réformes constitutionnelles qui déguisent des ambitions personnelles

Le représentant du Haut-Katanga a vivement critiqué les processus de changement constitutionnel en cours dans son pays, les qualifiant de « coups d’État constitutionnels ». Selon lui, ces manoeuvres visent à légitimer un troisième mandat pour le Président en place, en violation flagrante des principes démocratiques fondamentaux.

« Il n’existe pas de bons coups d’État, qu’ils soient militaires ou constitutionnels », a-t-il martelé. « L’un est ouvertement condamné, l’autre se pare des atours de la légalité. Pourtant, ils visent le même objectif : s’affranchir des contraintes démocratiques au mépris de la volonté populaire. »

Une répression sanglante des contestations populaires

Le sénateur a rappelé avec émotion les violences qui ont émaillé les manifestations contre la réforme constitutionnelle. Des affrontements entre forces de l’ordre et citoyens ont fait plusieurs morts, illustrant la brutalité avec laquelle les autorités étouffent toute opposition. « Du sang a coulé sur le sol congolais », a-t-il déclaré, dénonçant l’absence de réaction ferme de la communauté internationale face à ces exactions.

Pour lui, ce silence équivaut à une complicité passive, une tolérance dangereuse envers des pratiques qui sapent les fondements mêmes de la démocratie sur le continent.

Les mécanismes pervers des « coups d’État constitutionnels »

Salomon Kalonda a détaillé les techniques sophistiquées utilisées pour détourner les processus démocratiques :

  • Référendums sur mesure : organisés en l’absence de conditions équitables, avec des résultats prédéterminés.
  • Commissions électorales non indépendantes : soumises aux pressions politiques et dépourvues d’impartialité.
  • Invalidations ciblées de candidats populaires par des juridictions électorales inféodées au pouvoir.
  • Coupures d’internet lors des proclamations de résultats, révélatrices d’une défiance envers les propres chiffres du régime.

Ces pratiques, selon lui, constituent une menace systémique pour l’équilibre institutionnel et la stabilité politique en Afrique.

Quatre propositions pour restaurer la confiance électorale

Face à ce tableau alarmant, le sénateur congolais a formulé des recommandations concrètes pour renforcer l’intégrité des scrutins africains :

  1. Création d’une cellule africaine permanente de veille électorale : pour surveiller et alerter sur les dérives en temps réel.
  2. Développement d’une souveraineté numérique électorale : afin de garantir la transparence des processus et protéger les données contre les manipulations.
  3. Audits électoraux transparents et inclusifs : menés par des organismes indépendants pour restaurer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux.
  4. Mise en place d’un protocole parlementaire d’observation pré-électorale : couvrant l’ensemble du cycle électoral, de l’inscription des électeurs à la proclamation des résultats.

Il a également souligné l’importance de renforcer la démocratie économique, estimant que l’absence de gouvernance transparente désavantage les partenaires occidentaux face à des acteurs moins scrupuleux sur les règles du jeu.

Un appel à l’action pour les dirigeants africains

En conclusion, Salomon Kalonda a lancé un appel solennel à ses pairs pour qu’ils dénoncent sans ambiguïté ces pratiques antidémocratiques. « L’Afrique mérite mieux que des régimes qui se cramponnent au pouvoir par des artifices juridiques », a-t-il plaidé. « La stabilité du continent passe par le respect des constitutions et des alternances pacifiques. »

Son discours, prononcé devant une assemblée de parlementaires africains, résonne comme un avertissement : l’Afrique ne peut se permettre de troquer ses espoirs démocratiques contre des ambitions personnelles déguisées en réformes légitimes.

Salomon Kalonda Idi Della, sénateur congolais, lors de son intervention à Addis-Abeba.

Sénateur Kalonda dénonce les dérives des réformes constitutionnelles en afrique
Retour en haut