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Soutien du Sénégal à Macky Sall pour l’ONU : un choix stratégique et diplomatique

Trois jours après l’avoir accueilli au Palais de la République, le président Bassirou Diomaye Faye a tranché : le Sénégal apportera son « plein soutien » à la candidature de Macky Sall pour le poste de secrétaire général des Nations unies. Une décision qui marque un revirement notable, mais aussi une logique d’État dépassant les clivages politiques.

Un appui diplomatique essentiel pour l’ancien président

Ce soutien sénégalais, bien que symbolique, est loin d’être anodin. Il s’inscrit dans une dynamique où Macky Sall, s’il était élu, deviendrait le premier Africain à diriger l’ONU depuis plus de trois décennies. Une opportunité historique pour le continent, notamment dans la quête d’un siège permanent au Conseil de sécurité, un dossier crucial pour l’Afrique.

Pour Dakar, ce choix répond à une évidence géopolitique : renforcer la voix africaine au sein des institutions internationales. Une candidature soutenue par son pays d’origine renforce sa crédibilité, surtout face à des rivaux issus de l’Amérique latine, où la coutume régionale favorise traditionnellement la rotation des postes clés.

De la détention à la diplomatie : une réconciliation inattendue

Le parcours qui mène à cette décision est jalonné de rebondissements. Bassirou Diomaye Faye, emprisonné en 2023 dans le cadre de la répression contre Ousmane Sonko et son mouvement, a accédé à la présidence en mars 2024. Une ascension fulgurante, marquée par une grâce présidentielle et une victoire électorale sans précédent, dans un contexte de tensions politiques majeures.

Son élection s’était construite sur une promesse de rupture avec l’ère Macky Sall, dénoncée pour ses dérives autoritaires. Pourtant, à peine deux ans plus tard, il choisit de mobiliser l’appareil d’État sénégalais en faveur de son prédécesseur. Une décision qui illustre la primauté de l’intérêt national sur les divergences partisanes, comme l’a souligné la présidence sénégalaise, évoquant un dialogue « au-delà des alternances politiques ».

Un tournant politique interne qui a tout changé

Ce revirement n’aurait sans doute pas été possible sans un bouleversement majeur : la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko en mai 2024. Ancien Premier ministre et mentor du président, Sonko incarnait jusqu’alors une ligne dure contre l’ancien régime, alimentée par un contentieux personnel avec Macky Sall.

Son exclusion a libéré le président d’une contrainte politique, lui permettant d’adopter une posture plus pragmatique. Désormais, Bassirou Diomaye Faye peut se positionner en tant que chef d’État soucieux des intérêts diplomatiques de son pays, plutôt qu’en héritier d’un conflit partisan. Une évolution qui redéfinit les équilibres au sommet de l’exécutif.

Une stratégie électorale en filigrane

Cette décision s’inscrit aussi dans une logique de recomposition politique. Le président sénégalais prépare le lancement de sa propre formation, visant à consolider une base électorale alternative au PASTEF. En s’appuyant sur des réseaux issus de l’ancien système, y compris ceux de Macky Sall et Abdoulaye Wade, il cherche à élargir son assise en vue de sa réélection en 2029. La popularité persistante de l’ancien président, accueilli chaleureusement lors de sa visite à Dakar, en est la preuve.

Un soutien qui renforce, mais ne garantit pas

Pour Macky Sall, ce soutien sénégalais est un atout de taille. Sa candidature, déposée en mars par le Burundi au nom de la présidence tournante de l’Union africaine, pâtissait jusqu’alors d’un manque de légitimité perçue. Le silence ou l’absence de soutien d’un État d’origine affaiblit systématiquement une candidature, surtout dans un contexte où les votes au Conseil de sécurité dépendent des alliances et des veto.

Désormais, l’appui de Dakar permet à Macky Sall de se présenter comme un candidat pleinement adoubé par son pays, privant ses rivaux d’un argument de poids. Pourtant, cette dynamique ne suffit pas à garantir une victoire. La coutume régionale, favorable à l’Amérique latine, reste un obstacle majeur. Parmi les cinq candidats déclarés, quatre sont sud-américains : l’Argentin Rafael Grossi, l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, la Costaricaine Rebeca Grynspan et l’Équatorienne Maria Fernanda Espinosa.

Le destin de Macky Sall se jouera avant tout au Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. Bien que proche de la France et ayant entretenu de bonnes relations avec la Russie, il devra convaincre les grandes puissances. Son passage à Moscou, où il a été reçu par Sergueï Lavrov après avoir obtenu l’onction de Dakar, témoigne de sa volonté de multiplier les soutiens.

Le verdict tombera cet automne, mais une chose est sûre : ce soutien du Sénégal change la donne. Il transforme une candidature fragile en un dossier plus solide, même si l’issue finale reste incertaine.

Soutien du Sénégal à Macky Sall pour l’ONU : un choix stratégique et diplomatique
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