Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Témoignages poignants de femmes face à la barbarie de boko haram au Nigeria

Dans les régions du nord-est du Nigeria, des histoires de résilience et de souffrance se tissent dans l’ombre des médias. Aisha, Juliana et Hauwa, trois femmes arrachées à leur quotidien par le groupe terroriste Boko Haram, partagent aujourd’hui leurs expériences douloureuses, souvent reléguées aux oubliettes malgré l’ampleur de leur calvaire.

Une ancienne captive de Boko Haram, assise dans un camp de déplacés à Konduga, Nigeria, en août 2019

des vies brisées en un instant

Le soir du 14 avril 2014, Aisha préparait le plat préféré de ses enfants à Gamboru Ngala, dans l’État du Bornou. Sans avertissement, des hommes armés de Boko Haram ont envahi son village. Son frère a été abattu sous ses yeux. Elle n’a eu d’autre choix que de suivre les ravisseurs, entraînée vers un camp où des dizaines de femmes subissaient le même sort.

Sous la menace d’un homme se présentant comme leur « commandant », elle a été réduite en esclavage. « Chaque nuit, il venait me chercher, et me violait sans pitié », confie-t-elle avec une voix tremblante. Deux années de cauchemar s’en sont suivies avant une évasion providentielle lors d’une opération militaire.

l’épreuve du temps et de l’inhumanité

Juliana, enlevée à seulement 15 ans dans l’État d’Adamawa, a connu un destin tout aussi cruel. Capturée avec sa mère par les insurgés, elle a enduré deux années de captivité avant de s’échapper grâce à l’aide d’une femme âgée. Son rêve d’études en ingénierie informatique s’est évanoui sous les coups de la terreur.

« Avant mon enlèvement, je rêvais de terminer mes études secondaires et de devenir ingénieure. Aujourd’hui, je ne sais même pas si cela sera encore possible. » — Juliana

Hauwa, elle, a subi l’horreur pendant une décennie. Mariée de force à trois reprises, elle a donné naissance à quatre enfants nés de ces unions imposées. De retour parmi les siens, elle se sent « souillée et rejetée » : « On me traite de femme de Boko Haram, et mes enfants sont exclus de la société. »

la difficile reconstruction après l’enfer

Le reportage met également en lumière les initiatives de réinsertion destinées à ces survivantes, souvent stigmatisées par leur propre communauté. Malgré leur libération, elles portent les stigmates physiques et psychologiques de leur captivité. Le site The Republic souligne l’importance d’une justice transitionnelle pour briser le cycle de l’impunité et offrir un soutien adapté à ces femmes.

Juliana exprime cette douleur persistante : « On me félicite d’être libre, mais une partie de mon cœur reste prisonnière de cette forêt. Je pense sans cesse aux femmes que nous avons laissées derrière nous. »

Témoignages poignants de femmes face à la barbarie de boko haram au Nigeria
Retour en haut