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Une garde minière pour sécuriser l’exploitation en RDC

Le gouvernement congolais est en discussion avec une société privée pour former 20 000 agents destinés à composer une garde minière dans les zones d’exploitation. Cette réforme s’inscrit dans une démarche d’amélioration de la gouvernance du secteur minier.

Ces 20 000 hommes, qui doivent encore suivre une formation, auront pour mission de protéger les grandes exploitations minières, d’encadrer les mines artisanales et de renforcer la traçabilité des exportations de minerais. Pour l’instant, les autorités n’ont pas révélé l’identité de l’entreprise privée chargée de former cette unité paramilitaire.

La formation des gardes miniers pourrait débuter en septembre 2026, tandis que le tout premier bataillon sera déployé au Katanga en janvier 2027. Jusqu’à présent, l’armée et la police étaient déployées autour des sites miniers, mais dans certaines provinces, comme le Lualaba, des agents privés locaux recrutés et formés sur place par des entreprises locales enregistrées auprès des services de sécurité assurent déjà la sécurité.

Henri Kasongo Mutata, coordonnateur de la commission diocésaine des ressources naturelles et de l’environnement dans cette province, rappelle que « la sécurisation des sites miniers ici, au Lualaba, est actuellement assurée par la police des mines, associée aussi à différentes maisons de gardiennage. Il y a des gardes privées qui sont sollicitées par les titulaires miniers pour sécuriser leurs sites. »

Des mines moins criminogènes

La République démocratique du Congo possède d’importantes réserves de cuivre, de cobalt, d’étain, de coltan, d’or, de lithium et de zinc. Bien que des accords autorisent des entreprises, notamment américaines, à exploiter des sites miniers, certains restent inaccessibles en raison du conflit dans l’est du pays. C’est le cas de la mine de coltan de Rubaya, l’une des plus importantes au monde, qui est sous le contrôle des rebelles de l’AFC-M23. Cette situation préoccupe Crispine Ngena, activiste écoféministe spécialisée dans la participation des femmes à la gestion des ressources naturelles.

« Le premier défi, c’est que les sites sont militarisés. Je ne vois pas le respect des droits dans des jungles. Je ne vois pas l’application des normes. La deuxième chose : est-ce que l’État congolais a la capacité de rendre les mines moins criminogènes et de faire en sorte que les entreprises étrangères respectent les normes et les droits, surtout ceux des peuples autochtones et des femmes dans ces zones où c’est déjà la jungle ? » s’interroge-t-elle.

Par ailleurs, depuis plusieurs mois, des équipes de sécurité privées liées à Erik Prince, le fondateur de l’ancienne société Blackwater, ont été déployées dans plusieurs mines autour de Kolwezi et de Kisangani, dans les provinces de Lualaba et de la Tshopo. Leur mission principale serait la sécurisation des mines, l’amélioration de la collecte des taxes et la lutte contre la contrebande.

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