L’Union africaine exige un retour à l’ordre constitutionnel au Burkina Faso
L’Union africaine (UA) a fait entendre sa voix à Ouagadougou en exhortant les autorités burkinabè à accélérer la mise en place d’un cadre électoral et à rétablir les libertés politiques, tout en réaffirmant son engagement à accompagner le pays dans sa lutte contre le terrorisme.
Des discussions stratégiques avec les autorités de transition
Lors de sa visite dans la capitale burkinabè, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a échangé avec le Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré. Ces entretiens ont permis de souligner l’importance du dialogue entre l’organisation panafricaine et les nouvelles autorités, malgré la suspension du Burkina Faso de ses instances politiques.
À noter : aucune rencontre n’a été organisée avec le capitaine Ibrahim Traoré, figure centrale de la transition.
Priorité à la restauration de la démocratie
À l’issue de ces discussions, Mahmoud Ali Youssouf a rappelé avec fermeté que la transition doit impérativement aboutir à la réouverture des partis politiques et à la tenue d’élections libres, dans l’objectif de rétablir pleinement l’ordre constitutionnel. Il a également réitéré le soutien indéfectible de l’UA dans la lutte contre l’insécurité qui frappe le pays.
Le responsable africain a par ailleurs souligné l’urgence de relancer les programmes de développement en cours, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la coopération régionale pour répondre aux défis sécuritaires et politiques.
Vers un rapprochement avec la CEDEAO ?
Le président de la Commission de l’UA a également plaidé pour un rapprochement entre le Burkina Faso et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), que le pays a quittée en janvier 2025 aux côtés du Mali et du Niger pour former l’Alliance des États du Sahel (AES). Il a appelé à une collaboration renforcée entre les organisations régionales afin de mieux contrer les menaces communes.
Dans un communiqué officiel, l’UA a réaffirmé son attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Burkina Faso. Le Premier ministre burkinabè a, de son côté, réitéré l’engagement de son gouvernement à soutenir les réformes institutionnelles portées par l’organisation continentale et à renforcer son autonomie financière.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre d’une tournée régionale du président de la Commission de l’UA, qui avait précédemment rencontré les autorités de transition au Mali.