Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué être parvenu à une entente technique avec les autorités nigériennes. Cette avancée ouvre la voie à un décaissement prochain de 26,3 millions de dollars, soit environ 17,8 milliards de francs CFA, visant à renforcer la stabilité macroéconomique et à soutenir les réformes structurelles du pays.
Un appui ciblé sur la résilience économique
Après plusieurs cycles de négociations à Niamey, les équipes du FMI et le gouvernement de transition ont trouvé un compromis dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Ce feu vert technique, qui nécessite encore l’approbation définitive du Conseil d’administration de l’institution basée à Washington dans les semaines à venir, illustre une normalisation progressive mais tangible des relations financières internationales du Niger.
L’enveloppe totale de près de 18 milliards de francs CFA se répartit en deux axes stratégiques :
- Soutien budgétaire direct : consolidation des recettes publiques, rationalisation des dépenses et viabilité de la dette souveraine.
- Transition climatique : une partie des fonds accompagnera les réformes institutionnelles face aux chocs environnementaux, le Niger étant l’un des pays sahéliens les plus exposés au dérèglement climatique.
« Cet accord reflète les progrès accomplis par les autorités nigériennes dans la gestion des finances publiques, malgré un contexte régional et sécuritaire qui demeure complexe », souligne un analyste financier basé à Dakar.
Des perspectives de croissance tirées par le pétrole
Ce soutien du FMI intervient alors que l’économie nigérienne connaît une transformation majeure. Après avoir subi les conséquences des sanctions économiques régionales en 2023 et 2024, le pays mise désormais sur une accélération de sa croissance, notamment grâce à l’augmentation de ses exportations de pétrole brut via le pipeline reliant le gisement d’Agadem au port de Sèmè-Kpodji.
Cependant, l’institution de Bretton Woods a rappelé l’importance de la transparence dans la gestion des ressources extractives et de la lutte contre la corruption, conditions indispensables pour que cette manne pétrolière profite au développement humain et à la réduction de la pauvreté.
Les prochains défis de Niamey
Pour tirer parti de ce signal positif adressé aux investisseurs, le gouvernement nigérien devra accélérer plusieurs chantiers prioritaires :
- Élargissement de l’assiette fiscale : réduire la dépendance aux recettes d’aide et optimiser la collecte des impôts intérieurs.
- Protection des dépenses sociales : veiller à ce que l’ajustement budgétaire n’affecte pas les budgets de l’éducation et de la santé.
- Amélioration du climat des affaires : rassurer le secteur privé national et international afin de diversifier une économie encore très dépendante de l’agriculture de subsistance et du secteur informel.
Ce décaissement imminent de près de 18 milliards de francs CFA marque une étape clé dans la normalisation financière du Niger sur la scène internationale, offrant aux autorités une marge de manœuvre bienvenue pour clore l’exercice budgétaire en cours.