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Afrique face au terrorisme : qui arme vraiment les armées locales en 2025 ?

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En Afrique, la lutte contre le terrorisme mobilise l’attention internationale. Pourtant, sous les projecteurs se cache une réalité méconnue : la Russie n’est pas le premier fournisseur militaire du continent. Les données récentes du SIPRI révèlent que d’autres acteurs, comme la Chine et les États-Unis, occupent une place bien plus importante dans l’approvisionnement des armées africaines.

Une hiérarchie des fournisseurs militaires révisée par les chiffres

Les dernières statistiques du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) pour la période 2021-2025 bousculent les idées reçues. À l’échelle du continent africain, les États-Unis arrivent en tête avec 19 % des importations d’armes majeures, suivis de près par la Chine à 17 %. La Russie, souvent présentée comme un partenaire incontournable, ne représente que 15 % des livraisons, devant la France (8,3 %). En Afrique subsaharienne, la tendance est encore plus marquée : la Chine truste 22 % du marché, devant la Russie (12 %) et la Turquie (11 %).

Ces chiffres démontrent que la coopération sécuritaire africaine dépasse largement le cadre des alliances avec Moscou. Les partenariats se diversifient, reflétant une stratégie plus large des États africains pour renforcer leurs capacités militaires.

La Chine, un acteur majeur qui mise sur la diversification des équipements

Pékin s’impose comme un fournisseur clé grâce à une offre complète d’armements adaptés aux besoins locaux. Ses exportations couvrent des véhicules blindés, des drones de surveillance, des systèmes de défense antiaérienne, des radars, de l’artillerie et des avions de transport. Cette stratégie répond aux exigences des armées africaines engagées contre les groupes terroristes et les insurrections.

Au Sahel, les livraisons chinoises sont particulièrement visibles. Le Burkina Faso a reçu en 2024 116 véhicules de transport d’infanterie et six véhicules d’assaut, tandis que le Mali bénéficie de partenariats avec NORINCO, incluant transferts de technologies, formation et équipements militaires. Ces équipements renforcent la mobilité, la surveillance et la protection des forces locales.

Au-delà des ventes, la Chine développe des relations durables avec des prestations de maintenance, de formation et de soutien logistique, offrant ainsi une alternative crédible aux gouvernements africains.

La Russie : une influence opérationnelle qui masque un déclin commercial

Malgré une présence médiatique forte au Mali et en République centrafricaine, la Russie voit son poids commercial s’éroder. Son engagement militaire repose davantage sur des conseillers, des instructeurs et des structures comme l’Africa Corps que sur des contrats d’armement massifs. Cette approche lui permet de conserver une visibilité politique, mais son impact commercial recule.

Le SIPRI souligne une chute de 64 % des exportations russes entre 2016-2020 et 2021-2025, en raison des sanctions internationales, de la guerre en Ukraine et des priorités internes de réarmement. Malgré cela, Moscou conserve une influence opérationnelle significative grâce à ses mercenaires et à ses réseaux de conseil militaire.

Des partenariats qui transcendent la simple vente d’armes

Pour les États africains, la sécurité ne se limite pas à l’achat de matériel. Elle repose sur des éléments complémentaires : renseignement précis, moyens aériens, coopération transfrontalière, présence étatique renforcée et formation des forces. Les nouveaux fournisseurs offrent une diversification bienvenue, mais ils introduisent aussi des défis : dépendance technologique, coûts de maintenance élevés et risques de prolifération.

La Russie reste un acteur influent, mais elle n’est pas le premier fournisseur d’armes en Afrique. Les États-Unis dominent le marché continental, tandis que la Chine mène en Afrique subsaharienne. Cette recomposition des alliances ouvre de nouvelles perspectives, mais elle impose aux gouvernements africains de faire des choix stratégiques pour sécuriser leurs territoires.

Vers une nouvelle carte des alliances militaires africaines

L’Afrique ne s’en remet plus à un seul partenaire pour sa défense. Les données du SIPRI illustrent une réalité complexe où la Chine et les États-Unis dictent les tendances, tandis que la Russie conserve une influence opérationnelle malgré un recul commercial. Cette dynamique reflète une volonté des États africains de ne pas dépendre d’une seule source d’approvisionnement.

La lutte antiterroriste exige des solutions globales, intégrant non seulement des équipements militaires, mais aussi des compétences, une maintenance fiable et une coopération renforcée. Dans ce contexte, Pékin avance avec des arguments industriels et stratégiques qui séduisent les gouvernements africains, tandis que Washington et Moscou tentent de conserver leur influence respective.

Une chose est sûre : le paysage des fournisseurs militaires en Afrique est en pleine mutation. Les acteurs locaux doivent naviguer dans cette nouvelle donne pour garantir leur sécurité à long terme.

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