À l’aube d’un nouveau cycle politique, le président Alassane Ouattara a réitéré son ambition de faire de la Côte d’Ivoire une nation prospère et unifiée. En promouvant le concept de « Grande Côte d’Ivoire », il invite l’ensemble des acteurs du pays — institutions, entreprises, leaders religieux et communautés — à s’engager ensemble dans un projet national ambitieux. Cette initiative survient après une décennie marquée par une croissance économique soutenue, que le chef de l’État souhaite désormais convertir en progrès concrets pour tous les Ivoiriens.
Mobiliser les énergies autour d’un destin commun
L’appel présidentiel s’adresse à toutes les composantes de la société ivoirienne : administration, partis politiques, secteur privé, société civile, chefferies traditionnelles et diaspora. L’enjeu ? Créer une dynamique collective où chaque acteur apporte sa contribution à la réussite du pays. Cette approche reflète une vision où la stabilité et la pérennité des politiques publiques priment sur les clivages partisans. Elle s’inscrit dans la continuité des orientations tracées depuis 2011, axées sur l’industrialisation, le développement rural et le renforcement du rôle d’Abidjan comme hub régional.
Pour Ouattara, il s’agit de transformer une croissance économique remarquable — avec un taux moyen supérieur à 6 % ces dernières années — en améliorations tangibles pour les ménages. La notion de « Grande Côte d’Ivoire » incarne cette volonté : concilier performance économique et justice sociale, en redistribuant davantage les fruits de la prospérité.
Un chantier économique et politique d’envergure
Sur le plan économique, le projet de « Grande Côte d’Ivoire » s’appuie sur des infrastructures stratégiques déjà en cours. Le port d’Abidjan, en pleine extension, et celui de San Pedro, en plein essor grâce aux filières minière et agricole, jouent un rôle central. Parallèlement, le réseau routier se densifie vers le nord, en direction du Burkina Faso et du Mali, afin de renforcer les corridors logistiques en Afrique de l’Ouest. Le secteur énergétique, fragilisé par la crise d’approvisionnement de 2024, bénéficie d’investissements massifs pour sécuriser la production et diversifier les sources d’énergie.
Sur le plan politique, cet appel à l’union vise à élargir la base de soutien au-delà du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). En misant sur la nation plutôt que sur un parti, le président cherche à ancrer ses réformes dans une logique de long terme, moins vulnérable aux changements politiques. Une approche qui rappelle l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, où l’unité nationale primait sur les divisions.
Un projet qui demande des actes concrets
Le choix des mots n’est pas anodin : « Grande Côte d’Ivoire » évoque une ambition collective et historique. Cette référence à la continuité présidentielle permet de désamorcer les critiques sur une personnalisation excessive du pouvoir. Cependant, la réussite de ce projet dépendra de sa traduction en actions tangibles : amélioration de la gouvernance, attractivité des affaires et réduction des inégalités territoriales. Les régions du nord et du centre, moins favorisées en infrastructures, restent une priorité. Par ailleurs, avec plus de 75 % de la population âgée de moins de 35 ans, l’inclusion des jeunes devient un enjeu majeur. Pour que l’appel présidentiel prenne tout son sens, il devra se concrétiser par des mécanismes permettant à tous les acteurs de participer aux décisions.