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Alliances militaires controversées : le Togo face aux mercenaires russes et à Africa Corps

Le Togo s’engage dans une stratégie militaire atypique avec Moscou et Ankara

Image aérienne de la base militaire de Dihiaga, située dans la région des Savanes, prise en 2024

Des partenariats discrets pour sécuriser le Sahel

Depuis près de cinq ans, le Togo renforce discrètement ses dispositifs de défense face à la montée des menaces jihadistes dans la sous-région. Dans l’ombre, Lomé a tissé des liens stratégiques avec Ankara, obtenant un appui aérien et logistique, tandis que Moscou, via son Africa Corps, a également renforcé sa présence depuis 2025. Une enquête exclusive révèle ces alliances inattendues.

Un basculement géopolitique dans la sous-région

Le Togo, souvent perçu comme un acteur secondaire en Afrique de l’Ouest, surprend par une diplomatie militaire audacieuse. Face à l’expansion des groupes armés dans le Sahel, le pays a choisi de diversifier ses partenariats, rompant avec une tradition de neutralité. Cette réorientation s’incarne dans deux collaborations majeures : l’une avec la Turquie, l’autre avec la Russie à travers son prestigieux Africa Corps.

La Turquie, partenaire inattendu de Lomé

Depuis 2019, le Togo et Ankara entretiennent un dialogue militaire approfondi. La Turquie, déjà active au Bénin, au Sénégal et au Niger, a proposé au Togo un soutien aérien et une assistance technique pour moderniser ses forces armées. Des drones turcs, comme les Bayraktar TB2, ont été déployés pour surveiller les zones frontalières exposées, tandis que des instructeurs militaires turcs ont formé des unités togolaises aux techniques de contre-insurrection.

L’Africa Corps, nouvelle menace ou opportunité ?

L’arrivée de l’Africa Corps en 2025 marque un tournant. Ce groupe de mercenaires russes, officiellement présenté comme une force de lutte antiterroriste, a rapidement étendu son influence en Afrique de l’Ouest. Le Togo, confronté à des attaques ciblant ses postes frontaliers, a accepté une collaboration ponctuelle avec cette entité. Les négociations, menées à huis clos, ont abouti à des déploiements limités de conseillers militaires russes, accompagnés de matériel lourd.

Les enjeux d’une stratégie risquée

Si cette approche permet au Togo de renforcer sa sécurité à court terme, elle soulève des questions épineuses. D’abord, l’opacité des accords conclus avec Ankara et Moscou suscite des interrogations quant à leur transparence. Ensuite, la présence de l’Africa Corps, bien que perçue comme une solution, pourrait attirer l’attention d’autres groupes armés ou alimenter des tensions régionales.

Un équilibre fragile entre sécurité et souveraineté

Le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, se trouve à la croisée des chemins. D’un côté, la pression des groupes jihadistes impose des réponses rapides. De l’autre, l’alliance avec des acteurs externes comme la Russie ou la Turquie pourrait être perçue comme une perte de maîtrise sur la politique sécuritaire du pays. Les observateurs s’interrogent : jusqu’où le Togo peut-il aller sans compromettre son indépendance stratégique ?

Les défis à venir pour Lomé

Plusieurs défis attendent le Togo dans les mois à venir. D’abord, la consolidation des accords militaires avec Ankara et Moscou, afin d’en tirer un bénéfice durable sans tomber dans une dépendance excessive. Ensuite, la coordination avec les autres États de la CEDEAO, dont les approches divergent parfois sur la gestion des crises sécuritaires. Enfin, la gestion de l’opinion publique, de plus en plus sensible aux questions de souveraineté nationale.

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