Une avancée majeure pour la filière cajou en Côte d’Ivoire
Le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI), qui représente des acteurs locaux transformant annuellement 100 000 tonnes de noix brutes, a officiellement salué la signature d’une convention de financement inédite. Cet accord, finalisé le 11 juin 2026 entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les transformateurs nationaux, marque un tournant décisif pour l’industrialisation de la filière.
Ces entrepreneurs ivoiriens ont pris le parti de miser sur la transformation locale en mobilisant leurs propres fonds pour construire et développer des unités industrielles. Leur engagement a permis de générer de la valeur ajoutée et de dynamiser l’économie nationale, tout en réduisant la dépendance aux exportations de matières premières.
Un mécanisme de financement structurant pour sécuriser les approvisionnements
Dans un courrier daté du 17 juillet 2026, adressé aux plus hautes autorités, dont la Présidence de la République, le Premier Ministre Robert Beugré Mambé, ainsi qu’aux responsables de la BNI et du CCA, le GTCI a vivement remercié les institutions publiques pour leur soutien. Le président du groupement, Denis Kouadio, a souligné l’importance de ce dispositif qui facilite l’accès au financement pour l’achat des noix brutes et couvre les coûts de transformation sur une année entière.
Les défis étaient nombreux : acheter les volumes nécessaires pendant la campagne de commercialisation, financer les lignes de production et assurer la continuité des activités industrielles. Grâce à cette convention, les transformateurs nationaux disposent désormais d’un cadre sécurisé pour leurs approvisionnements et leurs investissements.
Un dispositif innovant pour booster la transformation locale
Ce partenariat tripartite repose sur deux piliers essentiels. D’une part, le CCA s’engage à fournir, en début de saison, 20 % des besoins en noix brutes des transformateurs. D’autre part, la BNI prend en charge les 80 % restants, tout en assurant les besoins en fonds de roulement pour les opérations industrielles et d’exportation.
Le président du GTCI a chaleureusement remercié les acteurs clés ayant permis la mise en place de ce mécanisme, parmi lesquels figurent le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI. Leur collaboration a permis de concrétiser un projet ambitieux au service des investisseurs locaux.
Vers une extension à d’autres filières agricoles
Ce programme innovant, conçu pour soutenir l’émergence de champions nationaux dans la transformation du cajou, ouvre désormais des perspectives inédites. Une étude est en cours pour adapter ce modèle au secteur du cacao, avec l’objectif d’offrir aux transformateurs locaux un financement similaire et de renforcer davantage la valeur ajoutée sur le territoire ivoirien.
La Côte d’Ivoire, leader mondial en production et transformation de cajou
Avec une production annuelle d’environ 1,5 million de tonnes de noix brutes, la Côte d’Ivoire se positionne comme le premier producteur mondial de cajou. Le pays dispose de 37 unités de transformation, totalisant une capacité installée de plus de 830 000 tonnes. Grâce à un taux de transformation locale de 43 %, la Côte d’Ivoire se classe au deuxième rang des exportateurs d’amandes de cajou et occupe la troisième place mondiale parmi les transformateurs, selon les dernières données de l’ITC.
Après avoir renforcé sa production de noix brutes, le pays s’emploie désormais à accélérer la transformation locale. Cette stratégie vise à conserver davantage de valeur ajoutée sur son sol, à consolider son tissu industriel et à générer davantage d’emplois pour les populations.