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FespaO : l’afrique de l’ouest veut bâtir sa propre industrie pharmaceutique

Lomé, août 2026 — L’Afrique de l’Ouest opère un virage décisif dans sa stratégie sanitaire. Face à la dépendance excessive aux importations de médicaments, les acteurs médicaux et universitaires de la sous-région ont choisi de repenser en profondeur leur approche. Lors des 21ᵉ Assises scientifiques et culturelles de la Fédération des étudiants en Pharmacie de l’Afrique de l’Ouest (FESPAO), organisées à l’Agora Senghor de Lomé, une nouvelle vision s’est imposée : celle d’une autonomie pharmaceutique totale, alliant innovation, recherche génomique et valorisation des savoirs locaux.

Une souveraineté sanitaire urgente

La crise sanitaire mondiale et les perturbations logistiques récentes ont révélé une vérité incontestable : dépendre des importations pharmaceutiques expose les populations à des risques majeurs. Le Togo, sous l’impulsion du Président Faure Essozimna Gnassingbé, a pris les devants en plaçant l’industrialisation locale et la recherche au cœur de sa politique de santé. Le Professeur Gado Tchangbédji, ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a réaffirmé cet engagement lors du sommet, soulignant que l’innovation pharmaceutique doit devenir un rempart contre les futures pandémies.

L’épidémiologie génomique et la pharmacopée traditionnelle au cœur des débats

Au-delà de la production locale, les participants ont insisté sur la nécessité de développer des traitements adaptés aux spécificités génétiques des populations africaines. L’épidémiologie génomique s’impose comme une priorité scientifique pour concevoir des thérapies sur mesure. Parallèlement, les experts ont plaidé pour une industrialisation de la pharmacopée traditionnelle, soumise désormais à des essais cliniques rigoureux afin de breveter des molécules 100 % africaines. Cette double approche marque une rupture avec les modèles hérités, trop souvent déconnectés des réalités locales.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur

Former une nouvelle génération de pharmaciens actifs

Le succès de cette révolution dépend aussi de la formation des futurs professionnels de santé. Le Professeur Tchin Darré, ministre délégué à la Santé et doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de Lomé, a souligné l’urgence de moderniser les cursus. Le pharmacien de demain ne sera plus un simple distributeur de médicaments, mais un chercheur, un industriel et un expert capable de valider les savoirs endogènes. Cette transformation des métiers de la santé est un pilier essentiel pour concrétiser les ambitions de souveraineté pharmaceutique.

Les 21ᵉ Assises de la FESPAO à Lomé n’ont pas seulement été un lieu d’échanges : elles ont posé les jalons d’une politique publique ambitieuse. L’objectif est clair : briser la dépendance aux importations en développant une industrie pharmaceutique locale robuste et une recherche ancrée dans les réalités africaines. Sans cela, l’accès aux soins restera tributaire de solutions étrangères, avec des conséquences potentiellement dramatiques face aux pandémies futures. La souveraineté sanitaire de l’Afrique de l’Ouest se joue aujourd’hui dans la capacité à passer des résolutions aux actes concrets, pour offrir à chaque patient des soins conçus, validés et produits sur le continent.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
FespaO : l’afrique de l’ouest veut bâtir sa propre industrie pharmaceutique
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