Au Cameroun, une vague de régularisation administrative s’abat sur les lieux de culte. Paul Atanga Nji, ministre en charge des cultes, a donné l’ordre de fermer 1 400 églises non déclarées dans le pays. Cette décision s’appuie sur des irrégularités persistantes dans leurs statuts, malgré un délai accordé pour se conformer à la loi.
Un rappel à l’ordre qui intervient après une série d’incidents graves. En juin, une fillette de 11 ans a été assassinée de 17 coups de couteau par une fidèle de l’église « Vie et Paix », sous prétexte d’un ordre divin. En mars, une autre fillette du même âge avait également péri dans des circonstances similaires. Ces drames ont choqué l’opinion publique et accéléré les démarches de contrôle.
Depuis 2006, les autorités camerounaises tentent de réguler ce phénomène. En 2008, seules 81 associations et églises avaient obtenu une reconnaissance officielle, dont 46 protestants et pentecôtistes. Pourtant, depuis 1994, le nombre d’églises a explosé, notamment après la dévaluation du franc CFA, qui a plongé des milliers de Camerounais dans une précarité économique. Cette vulnérabilité a favorisé l’émergence de prêcheurs aux discours parfois extrêmes.
En 2025, près de 200 lieux de culte avaient déjà été fermés pour troubles à l’ordre public, notamment à cause de nuisances sonores. Les autorités avaient alors mis en garde : les églises non agréées devaient « fermer boutique » sous peine de sanctions. Aujourd’hui, le message est clair : le temps des tolérances est terminé.