Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Cherté de la vie au Tchad : les solutions d’un sociologue face à la crise

Avec un budget quotidien de survie fixé à 2 000 francs pour une famille de cinq à six personnes, soit environ 375 francs par personne, les ménages tchadiens font face à une précarité alimentaire grandissante. Cette somme, une fois convertie en repas, se traduit par une cuisine où les protéines disparaissent en premier, suivies des légumes, laissant place à des repas déséquilibrés, voire insuffisants.

Le sociologue Remadji Ngaba alerte : « Aujourd’hui, le panier de la ménagère est vide. Le Tchadien survit, tout simplement. » Cette résilience psychologique, bien que remarquable, masque une réalité alarmante : les enfants grandissent sans apports nutritionnels essentiels, compromettant leur développement futur.

Selon lui, la crise touche particulièrement les femmes, premières responsables du foyer. « Quand la situation économique se dégrade, c’est elle qui subit les premiers chocs. Et lorsque la mère souffre, c’est toute la famille qui en pâtit. » Les pères de famille, témoins des lamentations quotidiennes des épouses de retour du marché, savent que cette hausse des prix n’est pas une exagération, mais une dure réalité.

Le sociologue dénonce l’absence de contrôle durable des autorités sur les prix. Les interventions ponctuelles, bien que bienvenues, restent sans lendemain : « Après les annonces, tout revient à la normale. Rien ne change vraiment. »

Un pays riche en terres, mais en proie à la famine

Malgré ses 33 millions d’hectares de terres arables sur un territoire de 1 284 000 km², le Tchad peine à nourrir sa population. La vie chère frappe les villes, où tout s’achète à prix d’or, mais aussi les campagnes, où agriculteurs et éleveurs subissent des menaces permanentes : destruction des champs par le bétail, absence de justice, et exode rural massif.

« On ne peut pas tous vivre à N’Djamena, et ce n’est même pas sûr. » Cette phrase résume l’urgence : les conflits entre éleveurs et agriculteurs paralysent la production locale, empêchant une baisse des prix sur les marchés urbains. « Il faut protéger les agriculteurs. Il faut protéger les éleveurs », insiste le sociologue.

SMIG inchangé depuis 2011 : un salaire largement insuffisant

Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 60 000 francs CFA, inchangé depuis plus d’une décennie, ne suffit plus à couvrir les besoins essentiels. À N’Djamena, une chambre décente coûte entre 20 000 et 25 000 francs. Entre loyer, électricité et autres charges, les salaires s’épuisent avant même de subvenir aux besoins alimentaires.

Des propositions concrètes pour inverser la tendance

Remadji Ngaba propose des solutions pragmatiques : subventionner les projets agricoles, valoriser les ressources en eau et instaurer un suivi régulier des prix sur les marchés. « Les dirigeants ont faim, eux aussi, mais ils doivent agir davantage. Nous voyageons, ils voyagent. Ils voient comment d’autres pays améliorent le quotidien de leur peuple », rappelle-t-il.

Cherté de la vie au Tchad : les solutions d’un sociologue face à la crise
Retour en haut