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Conseil constitutionnel sénégalais bloque la réforme politique portée par le pastef

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu une décision lourde de conséquences en rejetant la réforme institutionnelle proposée par la majorité parlementaire du Pastef. Cette décision, rendue publique hier, marque un tournant dans la crise politique qui secoue le pays depuis plusieurs semaines.

Les juges constitutionnels ont pointé deux irrégularités majeures dans le texte adopté par l’Assemblée nationale : l’absence de financement dédié à la future Cour constitutionnelle prévue par la réforme, ainsi que le non-respect de certaines procédures parlementaires lors de l’examen des amendements gouvernementaux. Ces manquements ont conduit à l’annulation pure et simple du projet de loi.

Ousmane Sonko après sa nomination au poste de Premier ministre.

une réforme contestée et des perspectives incertaines

Le texte rejeté visait officiellement à rééquilibrer les pouvoirs entre les institutions sénégalaises. Pourtant, les opposants y voyaient une manœuvre politique visant à consolider l’influence du Pastef. Adji Diarra Mergane Kanouté, figure de l’opposition et présidente de la coalition Ensemble Demain, a salué cette décision tout en rappelant ses implications :

« Le Conseil constitutionnel a agi dans le respect strict de la loi fondamentale. Cependant, cela ne signifie pas que la réforme n’a pas d’avenir : l’Assemblée pourrait proposer un nouveau texte, à condition de respecter scrupuleusement les règles budgétaires et procédurales. L’article 82 de la Constitution est clair : toute réforme créant des charges publiques doit être assortie de recettes compensatrices. De plus, le non-respect du vote bloqué demandé par le gouvernement a été sanctionné. C’est une victoire pour l’État de droit. »

Parmi les dispositions phares du projet rejeté figuraient le renforcement des enquêtes parlementaires et l’élargissement des prérogatives de contrôle des députés sur les contrats liés à l’exploitation des ressources naturelles. Ces mesures, bien que soutenues par certains, ont cristallisé les tensions au sein même de la majorité.

sonko et faye : une alliance en péril ?

La décision du Conseil constitutionnel survient dans un contexte de tensions croissantes entre Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, et le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis son éviction de la Primature en mai, Sonko multiplie les déclarations critiques envers le chef de l’État, évoquant même une situation de cohabitation.

Les réactions politiques n’ont pas tardé. Si Sonko a reconnu la décision du Conseil constitutionnel dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, la coalition présidentielle a pour sa part salué le bon fonctionnement des institutions. Dr. Binette Ndiaye, coordinatrice du Forum Citoyen, a également apporté son soutien à cette décision :

« Cette initiative montre que même avec une majorité parlementaire, le dialogue et le consensus restent indispensables. Le Conseil constitutionnel rappelle une évidence : dans une République, les règles s’appliquent à tous, sans exception. C’est une leçon de démocratie. »

Sénégal, Mbour, 2024 | Meeting de campagne de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Cette crise institutionnelle, désormais bien installée, pourrait redéfinir durablement l’équilibre des pouvoirs au Sénégal. Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour l’avenir politique du pays.

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