L’Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP), entité publique dédiée à l’ingénierie de la formation en Côte d’Ivoire, a dévoilé le jeudi 18 juin 2026 à Abidjan, les conclusions d’une étude d’envergure. Ce rapport, essentiel pour l’avenir professionnel du pays, s’inscrit dans le cadre du programme national « Passeport-Compétences », une initiative stratégique visant à harmoniser les aptitudes des jeunes avec les exigences concrètes du marché du travail.
La phase expérimentale de cette analyse approfondie, qui a minutieusement identifié les attentes du secteur de l’emploi, s’est déroulée dans le Sud-Comoé, la commune de Yopougon et le District des Savanes. Plus de 800 organisations, issues des secteurs formel et informel, ont activement participé à cette démarche. Le déploiement de cette étude à l’échelle nationale est imminent.
L’adéquation formation-emploi : une priorité nationale
Dr. Eugène Aka Aouélé, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), a souligné lors de cette rencontre l’importance cruciale de cette identification des besoins. Selon lui, cette approche méthodique permettra de mettre fin à une navigation à l’aveugle et de combattre efficacement le déséquilibre persistant entre la formation et l’insertion professionnelle.
« L’adéquation formation-emploi n’est pas une chimère, mais une construction rigoureuse basée sur des données vérifiables. Je salue et je soutiens pleinement cette vision qui positionne le capital humain au cœur de la croissance de la Côte d’Ivoire. Ce rapport constitue un diagnostic précis de notre dynamisme professionnel et, plus encore, la feuille de route de nos futures politiques publiques en matière de formation professionnelle », a déclaré Dr. Aka Aouélé. Il a également rappelé que le président ivoirien Alassane Ouattara a toujours fait de la jeunesse et de son employabilité une priorité absolue de l’agenda national.
Le président du CESEC a par ailleurs affirmé que le programme « Passeport-Compétences » apportera des « solutions concrètes à l’une des problématiques les plus complexes de notre époque ». Il a ajouté : « Le programme Passeport-Compétences ne se contente pas de former ; il valide également l’expérience. Pour le CESEC, c’est une avancée majeure dans la valorisation du capital humain. Les conclusions de cette étude enrichiront nos réflexions sur la formation et l’emploi. Cette cérémonie marque le coup d’envoi du déploiement national. Pour les jeunes, le Passeport-Compétences représente un engagement de confiance entre l’État et vous. C’est la preuve que nous mettons tout en œuvre pour que vos compétences deviennent votre atout principal de réussite. »
Un programme ambitieux pour l’emploi qualifié
Avant lui, Maître Adama Kamara, ministre ivoirien de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, a précisé que le programme « Passeport-Compétences » ne vise pas à corriger un échec, mais plutôt à « amplifier une dynamique pour que la croissance se traduise par des emplois qualifiés ».
Le ministre a détaillé les objectifs de ce programme : identifier les besoins en compétences sur l’ensemble du territoire national, former et intégrer les bénéficiaires dans le tissu économique, certifier les travailleurs du secteur informel par la validation des acquis de l’expérience, et offrir aux entreprises une main-d’œuvre qualifiée.
« Grâce aux retours du terrain, nous adapterons, si nécessaire, les programmes de formation pour les ancrer dans les besoins réels des employeurs, orienterons les ressources de formation vers les régions et les secteurs les plus déficitaires, validerons les acquis de l’expérience pour rendre justice aux travailleurs du secteur informel, et renforcerons les collaborations entre entreprises, collectivités et services de l’État », a promis le ministre.
Précédemment, Karitia Coulibaly De Medeiros, directrice générale de l’AGEFOP, avait salué la vision du président ivoirien Alassane Ouattara, qui a érigé le développement du capital humain en pilier fondamental de la transformation économique et sociale du pays.
« La formation professionnelle n’est plus perçue comme une simple politique sectorielle ou une dépense sociale. Elle est désormais reconnue comme un investissement stratégique au service de la compétitivité nationale, de la création d’emplois, de l’inclusion sociale et d’une prospérité durable », a affirmé Mme De Medeiros.
Elle a également souligné que le programme « Passeport-Compétences » incarne une nouvelle approche de la relation entre la formation, les territoires et l’économie. « Il repose sur une conviction simple mais essentielle : on ne peut former efficacement que lorsque l’on connaît précisément les compétences dont un territoire, une entreprise ou un secteur d’activité a réellement besoin. C’est pourquoi nous avons choisi de partir du terrain, d’observer les réalités économiques, d’écouter les entreprises, d’analyser les évolutions des métiers et d’identifier les compétences d’aujourd’hui, mais aussi celles de demain », a-t-elle expliqué.
Selon elle, en rapprochant ainsi les territoires, les entreprises et les établissements de formation, l’AGEFOP fait le choix stratégique de former utilement, de qualifier durablement et d’assurer une insertion professionnelle efficace.
« Avec le Programme National Passeport-Compétences, nous établissons un langage commun entre les entreprises, les collectivités territoriales, les établissements de formation, les populations, les partenaires techniques et financiers et les pouvoirs publics. Ce programme érige la compétence en un véritable atout stratégique au service de la Nation », a ajouté Mme De Medeiros.
La directrice générale de l’AGEFOP a conclu en réaffirmant l’objectif de son institution : « Permettre à chaque Ivoirien de transformer son potentiel en compétence reconnue et faire de cette compétence un véritable passeport vers l’emploi, l’autonomie économique et la dignité. »
Le programme national « Passeport-Compétences », qui s’inscrit dans la stratégie nationale de développement du capital humain en Côte d’Ivoire, a été officiellement lancé en mars 2025 à Grand-Bassam. Il vise à développer les compétences et à renforcer les capacités professionnelles des populations pour faciliter leur insertion durable sur le marché du travail.