Crise des transports au Mali après un blocus djihadiste

Transport au Mali : l’impact du blocus djihadiste sur les voyageurs et les transporteurs

Au Mali, les transporteurs et les voyageurs subissent de plein fouet les conséquences d’un blocus imposé par des groupes djihadistes sur les principaux axes routiers menant à Bamako. Cette situation, qui suit les attaques du 25 avril dernier contre plusieurs localités du pays, a provoqué des perturbations majeures dans le secteur des transports.

Les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) ont incendié, la semaine précédente, plusieurs camions et bus en direction de la capitale malienne. Si certaines entreprises de transport maintiennent leurs activités, d’autres ont été contraintes de suspendre leurs services en raison de la menace persistante.

Vue aérienne de Bamako, Mali en 2026

Des trajets allongés et des annulations massives

Un voyageur malien, que nous appellerons Mody pour des raisons de sécurité, a partagé son expérience lors de son voyage depuis la Mauritanie vers Bamako. Il devait rejoindre la capitale pour célébrer l’Aïd el Kebir, prévue le 27 mai.

« Nous avons quitté Nouakchott jeudi dernier à 7 heures du matin pour atteindre Gogui, à la frontière, à 23 heures. Les transporteurs nous ont informés que la route était risquée. Nous avons donc passé les nuits de jeudi, vendredi et samedi sur place. Dimanche matin, on nous a promis un convoi militaire pour nous escorter. Après une longue attente, nous avons finalement démarré sans protection jusqu’à Diéma. C’est là que nous avons appris que les premiers bus étaient tous retournés en arrière, sur ordre des djihadistes du Jnim. »

Un responsable d’une compagnie de transport a confirmé que dix de leurs véhicules étaient bloqués dans les pays voisins et que deux avaient été incendiés ce week-end sur les routes nationales.

Des voyageurs contraints à l’attente prolongée

Dans une autre compagnie reliant Bamako à des villes comme Ségou, dans le centre du pays, certains passagers attendent depuis près d’une semaine pour obtenir un billet de voyage.

Seyba, un sexagénaire originaire de Ségou, a expliqué : « Je dois rentrer chez moi, mais aucun bus n’est disponible. J’étais venu présenter mes condoléances à la famille après le décès d’un proche. On nous dit que la route est dangereuse. J’ai cherché un ticket dans quatre autres compagnies, mais la situation est identique. Si je ne trouve pas de véhicule, je devrai rester chez des proches à Bamako. »

Le gérant de cette compagnie, qui a souhaité rester anonyme, a révélé que cinq de ses bus avaient été incendiés samedi dernier par des éléments du Jnim. Face à cette menace, l’entreprise a décidé de suspendre temporairement ses activités entre Bamako et les autres localités du pays.

Vidéo : qui finance le JNIM et le FLA ?

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