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Crise sécuritaire au Mali : l’offensive conjointe des Touaregs et des djihadistes fragilise la junte

Le Mali traverse une période de turbulences extrêmes suite à une opération militaire d’envergure menée par une coalition inédite. Samedi dernier, les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, ont lancé des assauts coordonnés contre sept localités stratégiques du pays.

Une attaque d’envergure sur plusieurs fronts

Les hostilités ont débuté tôt le matin, ciblant simultanément Bamako, Kati, Konna, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. Cette dernière, véritable verrou sécuritaire du nord-ouest, est désormais passée sous le contrôle total des insurgés. Pour parvenir à leurs fins, les assaillants ont déployé un arsenal sophistiqué comprenant des drones kamikazes, des véhicules piégés et des engins explosifs improvisés, visant des lieux symboliques tels que l’aéroport international Modibo Keita et le ministère de la Défense.

La chute de Kidal et le retrait des forces russes

Face à la puissance de l’offensive, l’Africa Corps — la force paramilitaire russe ayant succédé au groupe Wagner — a officialisé son retrait de Kidal en accord avec les autorités de Bamako. Si les mercenaires russes affirment avoir déjoué un coup d’État et neutralisé de nombreux combattants, les rebelles du FLA soutiennent avoir négocié ce départ pour sécuriser la zone. Le général Oumar Diarra, chef d’état-major des armées maliennes, a évoqué un « redéploiement tactique » vers Anefis, tout en dénonçant un plan de déstabilisation orchestré par des puissances étrangères.

Un coup dur pour le sommet de l’État malien

Le bilan humain au sein du gouvernement de transition est lourd. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, figure centrale du régime, a succombé à ses blessures après une attaque suicide contre son domicile à Kati. Ce drame a également coûté la vie à plusieurs membres de sa famille et à des civils. Par ailleurs, Modibo Koné, à la tête de la sécurité d’État, a été blessé, tandis que le président de la Transition, Assimi Goïta, a dû être évacué d’urgence vers un lieu sécurisé.

Une alliance tactique contre un ennemi commun

Cette flambée de violence marque l’officialisation d’un pacte entre les indépendantistes touaregs et les groupes djihadistes. Bien que leurs visions politiques divergent — l’autonomie de l’Azawad pour les uns, un État islamique pour les autres — la lutte contre la junte et ses alliés russes a scellé leur coopération. Cette alliance s’est renforcée depuis la fin des accords d’Alger et la bataille de Tinzaouaten en juillet 2024.

Des soupçons de soutien international pèsent également sur ce conflit. Les services de renseignement ukrainiens (GUR), par la voix d’Andriy Youssov, ont été accusés d’avoir fourni des informations cruciales et des formations techniques aux rebelles. Ces tactiques, incluant l’usage de drones, rappellent les méthodes employées sur le front en Ukraine, poussant le Mali à rompre ses relations diplomatiques avec Kiev.

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