Niger Eveil

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Drame à Kokoloko : une frappe de drone nigérien fait de nombreuses victimes civiles au marché

Le 6 janvier 2026, un événement tragique a secoué l’ouest du Niger. Une attaque aérienne, vraisemblablement menée par un drone de l’armée nationale, a frappé un marché très fréquenté dans le village de Kokoloko. Le bilan est lourd : au moins 17 civils ont perdu la vie, dont quatre enfants, et 13 autres personnes ont été blessées. Bien que trois membres de groupes armés aient été éliminés lors de cette opération, le caractère indiscriminé de la frappe soulève de graves questions au regard du droit international humanitaire.

Une attaque meurtrière en zone frontalière

Situé dans la région de Tillabéri, à environ 120 kilomètres de Niamey et tout près de la frontière avec le Burkina Faso, le village de Kokoloko est depuis longtemps sous la pression de l’État islamique au Sahel (EIS). Selon des témoignages recueillis sur place, le drone a survolé la zone à plusieurs reprises avant de larguer un projectile vers 13h30, l’heure de pointe pour les commerçants et les familles présentes sur le marché.

Des survivants décrivent une scène de chaos total. Un marchand local a rapporté avoir entendu un sifflement suivi d’une explosion dévastatrice. Le marché était alors rempli de femmes vendant de la nourriture et de commerçants accompagnés de leurs enfants. Les dégâts matériels, accentués par la présence de carburant et de structures en bois, ont provoqué des incendies rapides, comme le confirment les données satellites de la NASA enregistrées ce jour-là.

Un lourd tribut pour la population civile

Les rapports indiquent que les victimes civiles sont majoritairement des femmes et des enfants. Les corps, souvent méconnaissables en raison de la violence de l’explosion et des flammes, ont été enterrés dans des fosses communes par les habitants restants, avec l’aide des membres de l’EIS présents dans la zone. Suite à ce drame, la quasi-totalité des 1 200 résidents de Kokoloko a fui le village pour se réfugier dans les localités voisines ou traverser la frontière vers le Mali.

Des équipements militaires de haute technologie

L’armée du Niger dispose depuis quelques années de drones de combat sophistiqués, notamment des modèles turcs tels que le Bayraktar TB-2, le Karayel-SU ou l’Aksungur. Ces appareils sont équipés de systèmes de surveillance et de munitions guidées censés permettre des frappes précises. Pourtant, l’incident de Kokoloko démontre les risques élevés de dommages collatéraux lors d’opérations menées dans des zones à forte densité civile.

Appels à la transparence et à la justice

La junte militaire au pouvoir au Niger n’a pas encore réagi officiellement à ces accusations. Des experts en droits humains soulignent que le fait de viser un lieu public bondé, même en présence de combattants ennemis, peut être considéré comme un crime de guerre si l’attaque est jugée disproportionnée ou menée sans précaution suffisante.

Ce n’est pas la première fois que la région de Tillabéri est le théâtre de telles tragédies. En septembre 2025, une frappe à Injar avait déjà causé la mort de plus de 30 civils, et un incident similaire s’était produit à Tiawa en janvier 2024. Face à cette recrudescence, des voix s’élèvent pour demander aux autorités nigériennes de mener des enquêtes impartiales et de dédommager les familles touchées par ces erreurs militaires répétées.

Drame à Kokoloko : une frappe de drone nigérien fait de nombreuses victimes civiles au marché
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