La frontière entre liberté d’expression et dérive verbale s’estompe dangereusement dans le débat public gabonais. Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, figure majeure de la société civile, a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse à Libreville. Il condamne sans réserve les attaques personnelles proférées à l’encontre du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que de son épouse et de sa mère.
Pour cet acteur civique, la contestation politique doit rester un échange d’idées, et non une campagne de dénigrement. Il cite notamment les propos attribués à un activiste connu sous le pseudonyme de « Lanlaire », dont les déclarations outrancières ont franchi une ligne rouge en s’attaquant directement au chef de l’État et à sa famille.
La critique légitime ne justifie pas l’insulte
Geoffroy Foumboula Libeka Makosso rappelle que son engagement repose sur des actions concrètes : plaidoyers, prises de position publiques et recours juridiques. Pour lui, la divergence d’opinions n’autorise en rien l’injure ou la diffamation. « Ne pas être d’accord ne signifie pas insulter son adversaire », martèle-t-il.
Il insiste sur l’importance de restaurer l’ordre constitutionnel, ce qui implique, selon lui, un retour strict à l’application des règles de droit. La période de transition nationale avait permis un apaisement temporaire avec certains compatriotes de la diaspora, mais cette trêve ne doit pas être interprétée comme une immunité permanente.
Les autorités interpellées sur leurs liens avec les activistes
Geoffroy Foumboula Libeka Makosso ne se contente pas de critiquer les auteurs de dérives verbales. Il questionne également la proximité entre le pouvoir et certains activistes dont la notoriété repose sur des attaques répétées contre les institutions. Il évoque des invitations au Gabon, des passages dans les médias publics, voire des contacts lors de déplacements présidentiels.
Parmi les allégations avancées, il mentionne le cas d’un activiste ayant affirmé publiquement avoir reçu une somme importante pour s’en prendre verbalement au chef de l’État. Une assertion qui, à ce stade, n’a pas été vérifiée judiciairement.
Financer les outrances : un risque pour l’image de la République
Le leader de la société civile exige une clarification de la part des autorités. « Le président de la République et ses collaborateurs doivent mettre un terme à cette proximité excessive avec des activistes dont les seuls « états de service » résident dans l’outrage et l’insulte », déclare-t-il. Pour lui, cette indulgence peut encourager un sentiment d’impunité et donner l’impression que l’outrance est un moyen d’accéder aux cercles du pouvoir.
Il alerte sur les conséquences d’une absence de réponse judiciaire : la normalisation des comportements déviants et la banalisation des insultes. « Condamner publiquement une dérive sans engager de poursuites lorsque la loi le permet revient à tolérer l’intolérable », souligne-t-il.
Vers des poursuites pour les auteurs de dérives
Geoffroy Foumboula Libeka Makosso exige des autorités qu’elles engagent des poursuites contre les responsables de ces dérives. Il invite également les citoyens à jouer un rôle actif : signaler les contenus injurieux, éviter leur diffusion et se désabonner des comptes propagateurs de haine.
Pour lui, cette affaire dépasse la polémique du moment. Elle interroge la qualité du débat public au Gabon. La liberté d’expression est un pilier démocratique, mais elle ne saurait servir de paravent à l’humiliation personnelle. Critiquer est un droit ; transgresser la loi relève du juge.