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Guinée : 22 officiels écartés pour orpaillage illégal et pollution des terres

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Le président Mamadi Doumbouya a décidé de frapper fort contre les dérives minières en Guinée. Vingt-deux responsables territoriaux et sécuritaires ont été radiés pour orpaillage illégal et dégradation environnementale. Une mesure radicale qui signe l’engagement des autorités à assainir un secteur minier en proie à l’anarchie.

Une offensive administrative et sécuritaire sans précédent

Parmi les 22 sanctions, on trouve des préfets, des sous-préfets et des officiers des forces de l’ordre. Le décret présidentiel, publié le 3 novembre 2026, cible des figures clés de l’administration locale, dont le préfet de Siguiri, le colonel Fayimba Mara. Ces responsables sont accusés d’avoir facilité ou participé à l’exploitation illégale de l’or et à des pratiques destructrices pour l’environnement.

Les motifs de radiation incluent notamment l’orpaillage clandestin, la pollution des sols et des cours d’eau, ainsi que la destruction de terres arables. Les activités illégales ciblant l’or en Guinée prennent une ampleur préoccupante, et l’État ne compte plus fermer les yeux.

Siguiri, épicentre d’une crise minière

La région de Siguiri, poumon aurifère de la Haute-Guinée, est particulièrement touchée. Voici les principaux responsables écartés par le pouvoir central :

  • Le capitaine Mohamed Lamine Keita, préfet par intérim de Kintinian ;
  • Le capitaine Sory Camara, préfet par intérim de Siguirini ;
  • Le commandant Fodé Isaac Camara, sous-préfet de Niagassola ;
  • Le lieutenant-colonel Pépé Doualamou, sous-préfet de Bankon ;
  • Naman Kourouma, sous-préfet de Kiniébakoura ;
  • Abou Kanté, sous-préfet de Norassoba ;
  • Richard Yaradouno, sous-préfet de Naboun.

Ces exclusions visent à rappeler que les représentants de l’État ne sont plus intouchables face aux illégalismes miniers, malgré les enjeux économiques locaux.

Un décret exécuté par plusieurs ministères

La mise en œuvre de ces radiations mobilise plusieurs départements ministériels :

  • Administration territoriale et décentralisation ;
  • Défense nationale ;
  • Sécurité et protection civile ;
  • Justice et droits de l’homme ;
  • Emploi et protection sociale ;
  • Modernisation de l’administration et fonction publique.

Cette coordination interministérielle souligne la gravité accordée à la lutte contre l’orpaillage illégal et ses ravages environnementaux. L’État entend ainsi rétablir l’ordre dans un secteur miné par la corruption et le non-respect des règles.

Première raffinerie d’or : un symbole de souveraineté minière

Deux jours avant les radiations, le président Doumbouya inaugurait la Nimba Gold Refinery (NGR) à Conakry. Une première pour la Guinée, qui ambitionne de transformer localement son or pour en maximiser la valeur ajoutée.

Cette raffinerie, située dans la Cité de l’Air, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance aux exportations de matières brutes et à encourager l’industrialisation. Elle s’aligne sur le programme Simandou 2040, qui mise sur la création d’emplois et une meilleure redistribution des richesses minières.

Un virage industriel pour contrer les pratiques illégales

La concomitance entre les sanctions administratives et l’inauguration de la raffinerie n’est pas un hasard. Elle illustre la volonté des autorités de concilier répression et transformation locale du secteur aurifère.

En effet, la NGR devrait permettre de lutter contre la fraude et de mieux contrôler la commercialisation de l’or. Cependant, la réussite de cette politique dépendra de plusieurs facteurs :

  • La capacité de l’État à surveiller les sites miniers ;
  • La transparence dans la chaîne de production et de vente ;
  • La protection des populations affectées par l’exploitation anarchique.

Quel avenir pour les zones aurifères guinéennes ?

La Guinée se trouve à un carrefour. D’un côté, l’or représente une ressource économique majeure, génératrice d’emplois et de revenus. De l’autre, son exploitation sauvage menace l’environnement et les communautés locales.

Les sanctions contre les 22 responsables marquent une étape importante, mais la route vers une exploitation minière responsable et durable est encore longue. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’effectivité des mesures prises et s’assurer que l’or devienne un levier de développement plutôt qu’une source de conflits et de pollution.

Pour les autorités, l’enjeu est double : assainir le secteur minier tout en valorisant la ressource. Un équilibre délicat, mais indispensable pour l’avenir de la Guinée.

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