Interpellation d’un imam influent à Ouagadougou : le régime militaire sous le feu des critiques
L’imam sunnite Mohamad Ishaq Kindo, figure religieuse majeure du Burkina Faso, a été interpellé mardi à Ouagadougou par des éléments des forces de l’ordre. Cette arrestation, survenue dans un contexte déjà tendu, fait suite à des prises de position publiques de l’intéressé contre un projet de loi encadrant les libertés religieuses dans le pays.
Une arrestation controversée en pleine période de fêtes
Selon les témoignages de proches et de membres de la Fédération des associations islamiques du Burkina Faso, l’interpellation de l’imam Mohamad Ishaq Kindo a été effectuée mardi après-midi par des policiers et militaires encagoulés. L’opération, déployée la veille de l’Aïd, a rapidement dégénéré en affrontements avec des fidèles présents sur les lieux. Plusieurs blessés ont été recensés lors de cette intervention musclée. À ce jour, la destination de l’imam reste inconnue des autorités et de sa famille.
Des critiques virulentes contre un projet de loi controversé
Deux jours avant son arrestation, un enregistrement audio diffusé massivement sur les réseaux sociaux avait révélé les critiques acerbes de l’imam contre un projet de loi adopté en mars 2026. Ce texte, visant à réguler l’exercice des libertés religieuses, avait suscité de vives réactions au sein de la communauté musulmane. Dans son prêche, Mohamad Ishaq Kindo avait mis en garde les autorités contre toute restriction des prières dans les espaces publics, allant jusqu’à les inviter à « réfléchir longuement avant d’agir ».
Des manifestations réprimées dans la capitale
Quelques heures après l’interpellation, des centaines de fidèles se sont rassemblés à Ouagadougou pour exiger la libération de l’imam. Les forces de sécurité ont dispersé la manifestation à l’aide de gaz lacrymogène, selon des témoins présents sur place. La Fédération des associations islamiques du Burkina Faso a appelé les musulmans à « rester calmes et pacifiques » en dépit des tensions.