L’activiste Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le pseudonyme de Kémi Séba, a été interpellé ce mercredi 15 avril à Johannesburg. Cette arrestation marque un tournant judiciaire majeur pour celui qui est désormais visé par de graves accusations de la part des autorités béninoises. Cotonou ne réclame rien de moins que son transfert immédiat vers le territoire national pour répondre de faits qualifiés d’actes terroristes.
Une procédure d’extradition lancée par Cotonou
Le gouvernement béninois a mobilisé ses canaux diplomatiques pour obtenir le rapatriement forcé de l’agitateur. Selon les éléments transmis à la justice sud-africaine, Kémi Séba serait impliqué dans la tentative de coup d’État sanglante survenue en décembre 2025. Les autorités affirment qu’il ne s’est pas limité à un rôle de commentateur, mais qu’il a agi comme un pilier logistique et médiatique pour les insurgés, cherchant à déstabiliser les institutions républicaines par la force.
Des soupçons de liens avec des réseaux terroristes
Au-delà de la sédition, le dossier d’accusation souligne des dérives inquiétantes :
- Connexions régionales : Les services de sécurité soupçonnent l’existence de liens entre l’activiste et des groupes radicaux opérant au Sahel, avec pour objectif d’importer l’instabilité vers les pays côtiers.
- Discours de haine : La rhétorique identitaire et raciste de Kémi Séba est pointée du doigt comme un facteur de fracture sociale, menaçant l’unité nationale du Bénin.
La controverse du passeport diplomatique
Pour tenter d’échapper aux poursuites, l’intéressé aurait fait usage d’un passeport diplomatique délivré par le Niger, arguant de sa fonction de conseiller spécial auprès du général Tiani. Pour Cotonou, cet argument est irrecevable. Le gouvernement béninois insiste sur le fait que l’immunité diplomatique ne saurait servir de rempart contre des accusations de terrorisme et de complot contre l’État.
Le verdict de Pretoria attendu le 20 avril
L’avenir de Kémi Séba se jouera lors d’une audience cruciale prévue le 20 avril à Pretoria. Les magistrats sud-africains devront trancher sur la validité de la demande d’extradition. Pour de nombreux observateurs du droit international, cette affaire souligne la limite entre le militantisme politique et l’insurrection armée. Un expert rappelle d’ailleurs que « le panafricanisme ne peut servir de couverture à des appels à la haine ou à la violence insurrectionnelle ».
Désormais confronté à la rigueur de la loi, l’activiste pourrait bientôt devoir s’expliquer devant les tribunaux de son pays d’origine.