Khalifa sall lance la refonte du contrat social au Sénégal

Taxawu Sénégal a organisé hier, dimanche 10 mai à Dakar, son Congrès constitutif pour officialiser sa transformation en parti politique structuré. Cet événement historique, placé sous le thème « De la plateforme au parti politique : Repenser le contrat social pour un Sénégal souverain, juste, solidaire et prospère », a rassemblé militants, responsables et sympathisants autour d’une nouvelle dynamique engagée.

Lors de cette assemblée fondatrice, Khalifa Ababacar Sall a été élu, par acclamation, à la tête du nouveau parti. Dans un discours mêlant analyse critique et propositions concrètes, le leader socialiste a dressé un constat sans appel de la situation nationale. Il a souligné les « interrogations profondes » et les « difficultés quotidiennes » rencontrées par les citoyens sénégalais, affirmant que « dans nos villes comme dans nos campagnes, une seule réalité s’impose : les Sénégalaises et les Sénégalais ont la conviction que les promesses de justice sociale, de transparence et de prospérité tardent à se concrétiser ».

Khalifa Sall a brossé le tableau d’un pays confronté à une crise sociale multidimensionnelle. Il a évoqué les revendications des enseignants, des étudiants face à des conditions d’apprentissage précaires, des travailleurs en quête de meilleures conditions, des paysans en détresse, des pêcheurs menacés par l’épuisement des ressources halieutiques et des femmes confrontées à des réalités économiques de plus en plus difficiles. Le leader a également mis en lumière le fléau du chômage des jeunes et la reprise de l’émigration clandestine, martelant que « lorsqu’une jeunesse vacille, c’est toute la Nation qui tremble. Car une jeunesse sans cap annonce un avenir sans élan » avant de souligner avec ironie : « Des jeunes qui cherchent du travail, on en trouve ; des jeunes qui trouvent du travail, on en cherche. »

Face à ce diagnostic alarmant, Taxawu Sénégal propose une refonte ambitieuse du contrat social. Khalifa Sall en a détaillé les axes majeurs : un « État impartial, sobre et exemplaire », un accès renforcé à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la protection sociale, ainsi qu’une décentralisation effective fondée sur des collectivités autonomes, des budgets transparents et une gouvernance de proximité favorisant la participation citoyenne. Sur le plan institutionnel, le nouveau parti prône une justice indépendante, la fin des « justices sélectives » et la défense des libertés publiques.

« Une démocratie sans opposition viable n’est qu’une autocratie qui s’ignore », a-t-il affirmé, réaffirmant son attachement à la liberté d’expression, à la liberté de presse et au pluralisme politique. Le discours a également abordé les enjeux géopolitiques internationaux, appelant à une diplomatie sénégalaise basée sur « la paix, le multilatéralisme, la solidarité africaine et la souveraineté économique », dans un contexte mondial marqué par les conflits et les crises.

Sur le plan idéologique, Khalifa Sall a réaffirmé l’ancrage socialiste de Taxawu Sénégal. « Nous sommes des Socialistes. Nous ne pouvons pas accepter un modèle où les inégalités se reproduisent de génération en génération », a-t-il déclaré. Le parti se structure autour d’un « triptyque structurant » : « l’Humain, l’Eau et la Terre », avec pour objectif de bâtir une économie « productive et distributive », créatrice de richesses et fondée sur un partage équitable des fruits de la croissance.

En conclusion, Khalifa Sall a lancé un appel solennel à l’unité de la gauche sénégalaise. « Le Sénégal a besoin d’une opposition unie. L’unité fait notre force, elle fera notre victoire », a-t-il conclu sous les applaudissements nourris des congressistes.

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