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L’assemblée nationale du Niger au cœur d’une session historique sous tension

L’assemblée nationale du Niger au cœur d’une session historique sous tension

Face aux remous politiques et aux accusations d’opacité, le président de l’Assemblée nationale du Niger, Ousmane Sonko, a pris les devants en clarifiant avec fermeté les contours de la session parlementaire extraordinaire convoquée ce lundi. Entre l’adoption de textes législatifs ambitieux et la création de commissions d’enquête ciblées, l’hémicycle s’apprête à vivre des débats intenses, tandis que l’opposition et certains acteurs politiques multiplient les critiques virulentes.

Un ordre du jour chargé et des textes majeurs à l’étude

Ousmane Sonko a ouvert le bal en détaillant l’ordre du jour de cette session, marquée par cinq projets et propositions de lois d’envergure. Trois textes proviennent du gouvernement, tandis que deux émanent des bancs parlementaires. Parmi les priorités, figurent le projet de loi n°15-2026 sur le Code du travail, le projet de loi n°16-2026 relatif au Code de la sécurité sociale et le projet de loi n°25-2026 sur la protection des infrastructures critiques et la cybersécurité.

Les députés seront également appelés à examiner deux propositions de loi d’importance : la proposition de loi n°33-2026 modifiant l’article 37 de la Constitution et la proposition de loi n°34-2026 encadrant le régime juridique des crédits spéciaux. Ces dernières feront l’objet d’une procédure d’urgence, conformément à la demande de leurs auteurs, tandis que la Conférence des présidents déterminera le calendrier précis des travaux.

Six commissions d’enquête pour éclairer les zones d’ombre

Parallèlement aux textes législatifs, la session prévoit la mise en place de six commissions d’enquête parlementaire, chargées d’éclairer des dossiers sensibles. Leurs investigations porteront notamment sur :

  • Les irrégularités dans la gestion du foncier et les cessions d’immeubles relevant du patrimoine de l’État ;
  • Le programme “Un étudiant, un ordinateur”, ses dysfonctionnements et ses abandons de recettes ;
  • L’utilisation des mécanismes financiers de type TRS et les exonérations fiscales ;
  • Les conditions d’attribution et de renouvellement des licences de pêche.

Ousmane Sonko a tenu à préciser que ces commissions disposeront d’un délai de six mois maximum pour rendre leurs rapports, conformément à l’article 55 du règlement intérieur. Chaque commission, composée de onze députés au maximum, verra son bureau élu après ratification en plénière. Une fois les travaux lancés, les investigations pourront se poursuivre même en dehors des sessions parlementaires, comme le prévoit l’article 58.

Un cadre juridique contesté et des réponses sans ambiguïté

Le président de l’Assemblée nationale a balayé d’un revers de main les critiques concernant la légitimité de cette session extraordinaire. S’appuyant sur l’article 7 du règlement intérieur, il a rappelé que sa convocation peut émaner du Bureau de l’Assemblée, d’une demande écrite de la majorité des députés ou d’une initiative présidentielle. « Ceux qui prétendent que le Bureau n’est pas habilité à convoquer une session extraordinaire n’ont rien compris », a-t-il affirmé, en insistant sur la conformité des textes avec la Constitution.

« Depuis que cette session a été convoquée, beaucoup d’informations erronées ont été diffusées, à l’encontre de la réalité des textes », a-t-il ajouté, soulignant que ces clarifications visaient à « éviter certains amalgames ».

Thierno Alassane Sall contre-attaque : élections et transparence en première ligne

L’opposition, menée par Thierno Alassane Sall, n’a pas manqué de réagir avec véhémence. Le député non-inscrit a dénoncé la gestion des prochaines élections locales, reprochant au pouvoir de vouloir organiser un report déguisé. « Les élections doivent se tenir à bonne date, et la transparence exige des discussions avec tous les acteurs politiques », a-t-il martelé, tout en critiquant l’opacité autour des avis du Conseil constitutionnel.

« Nous réclamons des élections dans les délais et rejetons toute manœuvre pour surprendre la population », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Qu’ils ne nous fatiguent pas avec leurs accusations infondées. Nous sommes tous d’accord sur un point : les élections doivent avoir lieu à temps. »

Thierno Alassane Sall a également pointé du doigt le manque de transparence dans la gestion des fonds politiques, exhortant Ousmane Sonko à montrer l’exemple en la matière.

Une majorité parlementaire sous pression : les critiques d’Aldiouma Sow

Sur le front politique, Aldiouma Sow a déclenché une offensive cinglante contre la majorité, qualifiant la gestion de l’Assemblée de « messianique » et dénonçant un « désaveu irréversible ». Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a fustigé un absentéisme record de 34 % lors de l’ouverture de la session, y voyant le symptôme d’un malaise profond au sein des rangs majoritaires.

« Nous assistons au déclin d’une gestion hégémonique de l’hémicycle, dont le pronostic vital est engagé », a-t-il écrit, accusant des conseillers techniques proches de Sonko de manœuvrer pour s’emparer des sièges parlementaires à l’issue de la législature.

Cette session parlementaire s’annonce donc comme un tournant pour l’Assemblée nationale du Niger, où les tensions entre majorité et opposition pourraient redéfinir l’équilibre politique du pays.

L’assemblée nationale du Niger au cœur d’une session historique sous tension
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