Le Mali est-il condamné à multiplier les emprunts pour maintenir ses centrales en marche ? La question se pose avec acuité alors que le pays vient de décrocher un nouveau financement de 8 milliards de francs CFA auprès de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Cette enveloppe, destinée à l’achat et à l’importation d’urgence d’environ 20 millions de litres de carburant, révèle une situation énergétique sous haute tension et une trésorerie nationale à bout de souffle.
Une bouffée d’oxygène pour un secteur électrique exsangue
Depuis des mois, les délestages à répétition plongent les foyers et les entreprises maliennes dans l’incertitude. La société nationale Énergie du Mali (EDM-SA) a bien du mal à régler ses factures de combustible, ce qui compromet le fonctionnement de ses centrales thermiques. Le prêt de la BOAD vise donc à répondre à une triple urgence :
- Alimenter les centrales en gazole pour limiter les coupures de courant qui asphyxient l’économie ;
- Garantir la distribution nationale en carburant, indispensable au transport de marchandises et aux déplacements des citoyens ;
- Éviter les ruptures de stock qui menacent la continuité des services publics et l’activité commerciale.
Un rôle de stabilisateur pour la BOAD, mais à quel prix ?
En accordant ce prêt de campagne, la BOAD joue pleinement son rôle de soutien financier au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour autant, le recours régulier à l’emprunt pour financer la consommation courante d’hydrocarbures met en lumière une vulnérabilité structurelle. Le modèle énergétique malien, tributaire d’importations coûteuses et de finances publiques fragiles, semble pris dans un cercle vicieux.
Quelles alternatives durables pour Bamako ?
Si les 20 millions de litres de carburant promis apporteront un répit immédiat, la véritable équation reste entière : comment sortir de cette dépendance financière et énergétique ? Les autorités de transition à Bamako sont confrontées à un défi de taille, celui de trouver des solutions pérennes pour assainir la situation financière du secteur et sécuriser l’approvisionnement sur le long terme. Sans réformes profondes, le spectre de la crise pourrait ressurgir à tout moment.