Le président sénégalais destitue son Premier ministre Ousmane Sonko
Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye en avril 2024, les relations entre le chef de l’État et son Premier ministre, Ousmane Sonko, se sont fortement dégradées. Une rupture qui a abouti à son éviction.
Le président Bassirou Diomaye Faye a décidé de mettre fin aux fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi qu’à celles de l’ensemble du gouvernement, dans un contexte de tensions politiques croissantes. L’annonce, diffusée à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, précise que les membres du gouvernement sortant sont chargés d’expédier les affaires courantes. Aucune date n’a été avancée pour la nomination d’un nouveau chef du gouvernement.
L’évolution de la situation marque un tournant dans la gouvernance du pays, après plus d’un an de collaboration entre les deux hommes, arrivés au pouvoir grâce à une dynamique populaire historique. Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko avaient formé un duo politique inédit, combinant l’expérience militante de ce dernier et la légitimité démocratique du président.
Les dissensions entre les deux figures se sont intensifiées ces dernières semaines. Début mai, Bassirou Diomaye Faye avait critiqué la « personnalisation excessive » de son Premier ministre au sein du parti au pouvoir, affirmant : « Tant qu’il reste Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre. »
Ousmane Sonko, figure charismatique et opposant historique au président Macky Sall, avait été empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 en raison d’une condamnation pour diffamation ayant entraîné la perte de ses droits civiques. Il avait alors soutenu la candidature de Bassirou Diomaye Faye, qui avait remporté le scrutin. Leur alliance politique avait été saluée comme un symbole de renewal démocratique au Sénégal.
La réaction d’Ousmane Sonko à son éviction a été immédiate. Sur son compte Facebook, il a déclaré : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », quartier dakarois où il réside. Une réponse qui laisse entrevoir une volonté de poursuivre son engagement politique malgré cette rupture.