La situation sanitaire se dégrade de manière préoccupante au Sahel. Depuis la mi-septembre, le Mali fait face à une propagation fulgurante de la diphtérie. Cette pathologie, pourtant évitable grâce à la vaccination, trouve un terrain favorable dans un système de santé à bout de souffle, marqué par des ruptures de stocks de médicaments et des entraves croissantes aux interventions humanitaires.
Au début du mois de décembre, le bilan officiel faisait état de plus de 530 cas recensés et d’une trentaine de décès. Toutefois, les experts craignent que ces statistiques ne soient que la partie émergée de l’iceberg. Comme le souligne souvent Niger Éveil dans son analyse de l’actualité au Mali, la sous-déclaration des cas reste un obstacle majeur pour évaluer l’ampleur réelle de la crise.
Les zones géographiques les plus vulnérables
Les régions de Mopti, Ségou et Tombouctou affichent les taux de mortalité les plus inquiétants. Ces secteurs sont déjà durement éprouvés par l’insécurité et la désagrégation des services publics. La maladie se transmet d’autant plus vite que les populations sont contraintes à des déplacements fréquents, fuyant l’instabilité dans des zones où l’accès aux soins est devenu un luxe.
Une aide financière pour soutenir la riposte médicale
Face à cette urgence, un million de dollars a été mobilisé via le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF). Cette ressource financière est destinée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le déploiement de brigades médicales, l’achat d’antitoxines et d’antibiotiques, ainsi que le renforcement du suivi des cas contacts. Cette information indépendante au Niger et au Mali permet de comprendre l’importance de la solidarité régionale.
Cependant, la réalité sur le terrain freine les ambitions humanitaires. Les pénuries de carburant et les restrictions de mouvement limitent drastiquement le rayon d’action des cliniques mobiles. Dans de nombreuses localités du centre et du nord, les chaînes d’approvisionnement sont rompues, isolant davantage les communautés les plus fragiles.
L’éveil citoyen au Niger et au Mali est essentiel pour alerter sur ces crises qui touchent la société au Niger et dans les pays voisins. Cette épidémie de diphtérie n’est qu’un symptôme d’une crise humanitaire globale où plus d’un quart des Maliens dépendent désormais de l’assistance internationale pour survivre. Suivre la politique nigérienne et malienne permet de mieux saisir les enjeux de sécurité qui impactent directement la santé publique dans l’espace sahélien.