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Maroc : mobilisation pour la libération du cinéaste El Mahdi Lyoubi

Maroc : mobilisation pour la libération du cinéaste El Mahdi Lyoubi

Lettre ouverte
Maroc
  • Défenseurs des droits humains

Depuis le 13 juillet 2026, le cinéaste et musicien marocain El Mahdi Lyoubi est privé de liberté après qu’une interdiction de quitter le territoire lui a été notifiée à l’aéroport de Rabat-Salé, sans que les raisons de cette mesure ne soient dévoilées. Cette affaire interroge la liberté d’expression et de création artistique au Maroc, un principe pourtant garanti par la Constitution du royaume.

Un artiste engagé au parcours international

Né en 1992 à Salé, El Mahdi Lyoubi s’est imposé comme une figure montante du cinéma documentaire et de la scène musicale marocaine sous le nom de Mehdi Black Wind. Diplômé de la prestigieuse Fémis, il a marqué les festivals internationaux avec son court-métrage « Marseille, 14 juillet », sélectionné entre autres au MoMA de New York, au Sheffield DocFest et au Festival de cinéma africain de Tarifa. Son premier long-métrage documentaire, soutenu par le Fonds arabe pour les arts et la culture (Afac), est en préparation. Engagé sur les questions de justice sociale, il a également marqué les esprits lors de son concert au festival L’Boulevard à Casablanca en septembre 2025, devant plus de 50 000 spectateurs.

Le 10 juillet 2026, alors qu’il s’apprêtait à regagner Marseille après un séjour familial et des repérages, il a été retenu à l’aéroport sans explication, puis conduit au commissariat de Salé avant d’être placé en garde à vue. Ses proches n’ont été informés que tardivement que cette arrestation pourrait être liée à des publications sur les réseaux sociaux, sans plus de précisions.

Présenté au procureur puis à un juge, il a été incarcéré à la maison d’arrêt d’Oukacha en attendant son audience du 22 juillet. Dans un contexte de grève des avocats, ses défenseures n’ont pas encore pu accéder au dossier ni le rencontrer, tout comme sa famille n’a pu lui rendre visite.

Une tendance inquiétante de répression artistique

L’arrestation d’El Mahdi Lyoubi s’inscrit dans une série d’affaires visant des artistes marocains. Depuis fin 2025, plusieurs rappeurs et acteurs culturels ont été poursuivis ou condamnés pour leurs œuvres ou publications. Pause Flow, Jawad Asradi, Hamza Raid et Souhaib Qabli ont tous fait l’objet de mesures judiciaires pour des chansons ou déclarations jugées offensantes. Zineb Kharroubi, distributrice de cinéma, a également été condamnée pour incitation électronique.

Ces procédures, bien que distinctes, reflètent une même restriction croissante de la liberté artistique, alors que l’article 25 de la Constitution marocaine protège pourtant la liberté d’expression sous toutes ses formes. Cette évolution survient dans un contexte de contestation sociale marquée par le mouvement GenZ 212, qui dénonce notamment la corruption et l’absence de libertés fondamentales.

Une mobilisation internationale pour la défense des libertés

Convaincus que la liberté de création est un pilier de toute société démocratique, des institutions culturelles, associations, personnalités artistiques et défenseurs des droits humains appellent les autorités marocaines à :

  • Garantir à El Mahdi Lyoubi le respect de ses droits fondamentaux et de la procédure légale, conformément à la Constitution et aux engagements internationaux du Maroc ;
  • Réexaminer sans délai les restrictions imposées à sa liberté, en s’assurant qu’elles reposent sur une base légale claire et respectent les principes de nécessité et de proportionnalité ;
  • Veiller à ce que son procès soit équitable et conforme aux obligations constitutionnelles et internationales du Maroc en matière de droits humains ;
  • Libérer immédiatement et sans condition El Mahdi Lyoubi.

Nous suivons avec attention l’évolution de cette affaire et restons ouverts au dialogue avec les autorités compétentes.

Maroc : mobilisation pour la libération du cinéaste El Mahdi Lyoubi
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