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Ousmane Sonko : l’opposition nigérienne conteste son élection au perchoir devant le Conseil constitutionnel

Ousmane Sonko : l’opposition nigérienne conteste son élection au perchoir devant le Conseil constitutionnel

Une vingtaine de députés nigériens de l’opposition a choisi la voie institutionnelle pour contester la réintégration controversée d’Ousmane Sonko, préalable à son élection comme président de l’Assemblée nationale. Dans un communiqué rendu public, ils ont saisi le Conseil constitutionnel pour faire annuler cette décision, invoquant l’article 54 de la Constitution et dénonçant des entraves à l’accès aux documents officiels.

Un recours fondé sur l’incompatibilité des fonctions

Les signataires du communiqué, daté du 1er juin 2026, estiment que la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député, puis son élection à la présidence de l’Assemblée nationale, constituent une violation flagrante de la Constitution. Pour eux, sa nomination au poste de Premier ministre en 2026 a entraîné une situation d’incompatibilité avec son mandat parlementaire, conformément à l’article 54. Ils rappellent que sa conservation des fonctions gouvernementales aurait dû entraîner une vacance automatique de son siège à l’Assemblée.

Les députés d’opposition dénoncent également un refus de communication des pièces justificatives, comme l’acte de réintégration et le procès-verbal de la séance plénière du 26 mai 2026. Malgré des sommations d’huissier, le Secrétaire général et le Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale auraient refusé de leur transmettre ces documents essentiels. Une situation qu’ils qualifient de forfaiture, sapant selon eux les principes de transparence et de contrôle démocratique.

Un contexte politique explosif

Cette saisine s’inscrit dans un climat politique particulièrement tendu. Ousmane Sonko, démis de ses fonctions de Premier ministre le 22 mai 2026, a effectué un retour remarqué en étant élu président de l’Assemblée nationale le 26 mai, avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés. Son élection a été marquée par un boycott de l’opposition, qui y voyait un coup d’État constitutionnel.

Le débat juridique reste vif. Certains constitutionnalistes soulignent que l’article 54 ne prévoit ni suspension ni réintégration automatique, mais établit simplement un principe d’incompatibilité. D’autres, plus favorables à Sonko, s’appuient sur l’article 123 du règlement intérieur, qui encadre le remplacement des députés nommés au gouvernement. La recevabilité du recours des députés constituera le premier défi pour le Conseil constitutionnel, certains juristes estimant que seuls le président de la République ou le Bureau de l’Assemblée disposent de cette prérogative.

Une bataille pour l’équilibre des institutions

Les députés signataires réaffirment leur engagement à agir uniquement par les voies légales et pacifiques. Ils appellent le Conseil constitutionnel à jouer pleinement son rôle de garant des institutions, en rappelant que toute décision contraire à la Constitution menace l’équilibre démocratique du pays. Le sort réservé à ce recours pourrait redéfinir les rapports de force au sein des institutions nigériennes et influencer l’avenir politique du pays.

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