L’avenir de Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus célèbre sous l’identité de Kemi Seba, est actuellement entre les mains de la justice en Afrique du Sud. Suite à son interpellation le 13 avril 2026 dans un complexe commercial de Pretoria, le dirigeant de l’organisation Urgences Panafricanistes se retrouve au centre d’un litige international complexe impliquant les autorités sud-africaines et le Bénin.
Une interpellation liée à des activités suspectes
L’arrestation de l’activiste dépasse le cadre de ses prises de parole habituelles. D’après les rapports de la police sud-africaine (SAPS), Kemi Seba et son fils sont soupçonnés d’avoir facilité le franchissement illégal de la frontière vers le Zimbabwe par le fleuve Limpopo. Lors de l’intervention, les agents ont découvert une somme importante en liquide (environ 318 000 rands) ainsi que plusieurs téléphones portables, laissant présumer l’existence d’un réseau de passage clandestin vers l’Europe.
Le Bénin demande l’extradition de l’activiste
Le gouvernement du Bénin a clairement manifesté sa volonté d’obtenir le rapatriement forcé de l’intéressé. Cette demande s’appuie sur deux mandats d’arrêt internationaux émis par Cotonou. Les accusations portées contre lui sont particulièrement lourdes :
- Apologie de crimes contre la sûreté de l’État : en raison de ses propos soutenant des tentatives de déstabilisation du pouvoir béninois.
- Incitation à la rébellion, à la violence et à la haine.
- Blanchiment de capitaux.
Pour les autorités béninoises, cette procédure représente une occasion de mettre fin à une forme d’impunité dont bénéficierait l’activiste. Ce dernier utilisait d’ailleurs un passeport diplomatique du Niger, fourni par les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES), ce qui ajoute une dimension géopolitique au dossier.
Une procédure judiciaire sous haute surveillance
Le 20 avril, Kemi Seba a été présenté devant le tribunal de Brooklyn à Pretoria. Alors que ses partisans dénoncent une manœuvre politique, les magistrats sud-africains doivent statuer sur deux volets distincts : les infractions migratoires locales et la recevabilité de la demande d’extradition formulée par le Bénin.
Cette incarcération marque un tournant pour celui qui naviguait librement entre Moscou, Bamako et Niamey. L’issue de ce bras de fer pourrait redéfinir les rapports entre l’activisme radical et le respect des conventions de coopération judiciaire internationale.