Lors de la cérémonie d’installation du comité permanent de la Commission de réforme du droit, le président Romuald Wadagni a marqué un tournant en présentant la sécurité juridique non comme un simple outil de régulation, mais comme un véritable pilier du développement national. « Notre système juridique doit cesser d’être un frein pour devenir un accélérateur de progrès », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la vision qui guide son action depuis le début de son mandat.
une réforme ambitieuse pour moderniser le cadre légal
Le comité, officiellement créé le 1er juillet lors d’un Conseil des ministres, s’inscrit dans la continuité des réformes institutionnelles engagées ces dernières années au Bénin. Placé sous l’autorité du professeur Noël Gbaguidi, épaulé par Djidjouè Gboyou et Igor Guèdègbè, ce groupe d’experts a pour mission d’auditer l’ensemble du corpus législatif national. Objectif : identifier les textes obsolètes, combler les lacunes et résoudre les contradictions qui fragilisent la cohérence du système.
Le constat est sans appel : certaines lois, conçues pour un Bénin d’hier, ne correspondent plus aux enjeux actuels, tandis que d’autres domaines cruciaux, comme le numérique ou l’environnement, restent dépourvus de cadre juridique adapté. Cette incohérence, souvent invisible, saperait progressivement la confiance des citoyens et des investisseurs, risquant de freiner durablement le dynamisme économique du pays.
la sécurité juridique, un atout économique stratégique
« Un cadre juridique stable et prévisible est bien plus qu’une exigence théorique : c’est un levier de compétitivité », explique un spécialiste en gouvernance publique. Les entrepreneurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, ne s’engagent durablement que dans un environnement où les règles sont claires, stables et appliquées de manière uniforme. En plaçant la sécurité juridique au cœur de sa politique, Romuald Wadagni envoie un signal fort aux marchés, tout en renforçant l’attractivité du Bénin.
Cette approche s’inscrit dans une logique déjà perceptible à travers des mesures concrètes, comme la simplification des coûts judiciaires ou l’adoption du règlement électronique, autant d’étapes visant à moderniser l’appareil judiciaire et à le rendre plus accessible.
anticiper les défis de demain pour écrire le droit de l’avenir
Le principal défi du comité Gbaguidi réside dans sa capacité à anticiper les mutations profondes qui redéfinissent notre époque. Changement climatique, urbanisation galopante, révolutions technologiques : autant de domaines où les textes actuels peinent à suivre le rythme des évolutions. Romuald Wadagni a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’élaborer des règles innovantes, capables de s’adapter aux réalités futures plutôt que de subir les transformations en cours.
« Nous n’avons pas de modèle tout fait à copier », souligne une magistrate basée à Cotonou. « Même les systèmes juridiques les plus avancés tâtonnent face à ces enjeux. Le Bénin a une opportunité unique : concevoir un droit sur mesure, en phase avec ses spécificités, pour en faire un avantage concurrentiel ». Un avocat d’affaires abonde dans ce sens : « Si ce comité relève le défi, il offrira au pays un environnement juridique clair, moderne et attractif ».
En lançant officiellement cette réforme lors d’un événement à la Marina, Romuald Wadagni a tracé la voie. Reste désormais à transformer cette ambition en actes concrets. Le Bénin compte sur une équipe déterminée pour rédiger les règles d’un monde en mutation permanente.