Le Maroc et la France scellent une alliance stratégique renforcée
Lors d’une visite officielle à Rabat, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a réaffirmé la volonté de franchir une nouvelle étape dans les relations entre la France et le Maroc, en s’appuyant sur l’élan donné par les présidents Emmanuel Macron et Mohammed VI. Une rencontre au sommet entre ces deux dirigeants est d’ailleurs envisagée dans les prochains mois.
Les liens franco-marocains connaissent une dynamique positive depuis que Paris a reconnu, à l’été 2024, la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision, qui a provoqué une réaction vive de la part de l’Algérie, a permis de rétablir une relation diplomatique apaisée, rompant avec trois années de tensions marquées par des soupçons d’espionnage et des restrictions sur les visas.
En octobre 2024, Emmanuel Macron a été reçu avec les honneurs à Rabat, concrétisant cette réconciliation par la signature d’un partenariat renforcé et la mise en place de nombreux accords économiques.
Lors de cette visite de deux jours, une nouvelle enquête internationale a été publiée, évoquant l’utilisation présumée du logiciel espion Pegasus par le Maroc pour infiltrer des téléphones de personnalités, y compris des responsables français. Bien que Rabat ait démenti ces allégations, les autorités françaises n’ont pas réagi publiquement à ces révélations.
Les discussions entre Sébastien Lecornu et Aziz Akhannouch ont porté sur des sujets stratégiques, notamment la sécurité au Sahel, où les deux pays partagent des intérêts communs face à la menace terroriste. Le Premier ministre français a également proposé de servir de pont entre le Maroc et l’Union européenne, renforçant ainsi le rôle du Royaume dans les échanges euro-africains.
Une coopération renforcée sur tous les fronts
Accompagné d’une délégation ministérielle composée de douze membres, dont les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, Sébastien Lecornu a été accueilli avec les honneurs militaires à son arrivée à Rabat. La journée a débuté par un dépôt de gerbes au Mausolée royal, en mémoire des rois Mohammed V et Hassan II, avant des entretiens approfondis avec le gouvernement marocain.
Cette visite s’est inscrite dans le cadre de la 15e rencontre de haut niveau entre les deux pays, une instance de dialogue relancée après plusieurs années d’interruption. Les échanges ont porté sur des projets concrets, notamment un accord visant à développer un réseau de transport en commun à Rabat, ainsi que des partenariats dans les secteurs de la défense et de la culture.
Le Maroc, désormais considéré comme un partenaire prioritaire de la France au Maghreb, a vu ses relations avec Paris évoluer vers une collaboration accrue, notamment dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Contrairement à l’Algérie, moins encline à partager des renseignements, le Maroc apparaît comme un allié plus fiable pour Paris.
Une quinzaine d’accords sont prévus à l’issue de ces rencontres, couvrant des domaines variés tels que l’économie, la migration et la sécurité. Parmi les projets phares, l’étude de partenariats dans l’armement et le développement d’une ligne de RER à Rabat figurent en bonne place.
Pour Aziz Akhannouch, cette visite représente une opportunité de concrétiser les engagements pris lors du partenariat de 2024 et d’envisager les prochaines étapes pour une alliance encore plus étroite. Le roi Mohammed VI, dans un message relayé par l’agence MAP, a également salué la consolidation des relations privilégiées entre les deux nations, à l’occasion de la fête nationale française.