
Une initiative de grande ampleur pour contrer la poliomyélite a été lancée au Burkina Faso. Le ministère de la Santé, en collaboration avec l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a initié une campagne de vaccination ciblant sept régions du territoire.
Prévue du 18 au 21 septembre 2020, cette opération de santé publique vise à immuniser plus de deux millions d’enfants âgés de moins de cinq ans. Les zones concernées sont les régions du Plateau Central, du Centre, du Centre-Nord, du Centre-Ouest, du Centre-Sud, de l’Est et du Centre-Est, comme l’a indiqué l’UNICEF.
Cette mobilisation fait suite à la détection d’un cas de poliovirus en janvier dans le district de Ouargaye. Une première riposte avait été organisée dans la région du Centre-Est, mais la pandémie de Covid-19 a malheureusement interrompu les efforts. James Mugaju, Représentant adjoint de l’UNICEF au Burkina Faso, souligne que « la pandémie de Covid-19 a entrainé une suspension temporaire des campagnes de vaccination », ce qui a provoqué « une augmentation des cas de maladies à potentiel épidémique notamment la polio ».
L’urgence de la situation est confirmée par les données de juin, où le système de surveillance sanitaire national a recensé neuf nouveaux cas de polio. Parallèlement, plus de 600 cas de paralysie flasque aiguë, un symptôme pouvant être causé par la poliomyélite, ont été signalés.
Une logistique d’envergure pour atteindre chaque enfant
Pour mener à bien cette campagne, l’UNICEF a joué un rôle crucial en fournissant plus de 2 290 000 doses de vaccins et en appuyant la mobilisation communautaire. Un déploiement massif de plus de 5 000 agents de santé et mobilisateurs est prévu pour une stratégie de porte-à-porte, afin de recenser, sensibiliser les familles et vacciner tous les enfants de 0 à 59 mois.
La sécurité sanitaire des équipes est une priorité. Ainsi, 39 500 masques et plus de 26 500 flacons de gel hydroalcoolique ont été distribués aux vaccinateurs pour garantir le respect des gestes barrières contre la Covid-19 durant leurs interventions à domicile.
Le Représentant adjoint de l’UNICEF a insisté sur l’engagement conjoint de son organisation et de l’OMS pour stopper cette épidémie. Il a lancé un appel à toutes les parties prenantes, incluant les autorités, les leaders communautaires et les parents, pour qu’ils facilitent le travail des vaccinateurs. « La polio est une menace pour la santé des enfants, nous devons évincer cette maladie du pays », a-t-il déclaré. Il a également rappelé que dans un contexte où l’insécurité et la crise sanitaire limitent l’accès aux soins, il est vital de « redoubler d’efforts pour atteindre chaque enfant » et le protéger contre les maladies évitables.
La poliomyélite, ou polio, est une maladie virale extrêmement contagieuse qui affecte majoritairement les jeunes enfants. Sa transmission se fait par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, et le virus attaque le système nerveux après s’être développé dans l’intestin.
Bien que le Burkina Faso ait été certifié exempt de poliovirus sauvage en 2015, le pays fait aujourd’hui face à des flambées épidémiques liées à d’autres formes du virus, à l’instar de 14 autres nations de la région africaine.
Pour consolider ces efforts, une deuxième phase de vaccination est déjà programmée pour le début du mois d’octobre 2020. Elle étendra la couverture à neuf régions, en ajoutant le Sahel et le Nord aux zones déjà ciblées.