Le Sénégal mène une action diplomatique sans précédent en Bissau-Guinée. Une délégation ministérielle, composée des plus hauts responsables sénégalais, s’est rendue jeudi à Bissau pour engager un dialogue constructif avec le général Horta Ntam, président de la transition. L’objectif ? Structurer une médiation régionale afin de faciliter le retour à l’ordre constitutionnel et préparer les élections prévues dans les prochaines semaines.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un mandat confié par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) lors d’un sommet régional organisé en juillet à Freetown. Le Sénégal a été désigné pour piloter ce processus après des mois d’impasse institutionnelle en Bissau-Guinée.
La délégation sénégalaise était dirigée par Cheikh Niang, ministre des Affaires étrangères, accompagné de Yankoba Diémé, son homologue à la Défense. Lors de cette rencontre, le chef de la diplomatie sénégalaise a présenté le plan d’action ouest-africain, conçu pour soutenir le rétablissement d’un gouvernement civil et la tenue d’élections transparentes. Le général Horta Ntam a salué cette démarche et accepté de maintenir un contact régulier pour concrétiser les négociations dans les semaines à venir.
Une crise politique aux racines profondes
La Bissau-Guinée traverse une crise majeure depuis le coup d’État du 26 novembre 2025, qui a renversé le président Umaro Sissoco Embalo et interrompu les processus électoraux. Pour sortir de cette situation, la junte au pouvoir a annoncé l’organisation d’un référendum constitutionnel le 30 août 2026. Cette consultation marquera une étape clé vers une transition démocratique, sous haute surveillance de la communauté internationale.
Les observateurs soulignent l’urgence d’une médiation régionale pour éviter une nouvelle escalade. La mission sénégalaise s’inscrit dans cette logique : elle vise à éviter les blocages et à tracer une feuille de route crédible pour la réinstallation des institutions démocratiques.