Une célébration de l’Aïd sous le signe de la précarité
À Bamako, des centaines de familles déplacées du marché de Faladiè tentent de célébrer la Tabaski dans des conditions difficiles, après l’évacuation forcée du site. Entre hébergement de fortune et manque de ressources, ces populations, venues de régions en proie à l’insécurité, font face à une fête marquée par l’absence de perspectives.
Des familles en quête de dignité pour l’Aïd
Parmi les déplacés, Aminata, originaire du cercle de Bankass dans la région de Bandiagara, incarne le désarroi de ces familles. Arrivée en 2019, elle a trouvé refuge dans un centre éducatif improvisé, exigu et dépourvu des aménagements nécessaires pour un hébergement décent. Son témoignage résume l’urgence des besoins :
« L’absence de site adapté aggrave notre situation, surtout en cette période de Tabaski. Au-delà des soins médicaux, nous manquons cruellement de denrées de base : riz, huile, vêtements pour nos enfants. La fête devrait rimer avec joie, mais elle n’est que précarité. »
Les déplacés de Faladiè, majoritairement issus de zones touchées par les conflits, subissent un double choc : l’évacuation brutale du marché et l’absence de solution durable pour leur relogement.
L’impact économique de l’évacuation sur les jeunes
À moins d’un kilomètre du campement, deux adolescents, Fousseyni (14 ans) et Oumar (15 ans), tentent de survivre grâce à des activités informelles. Leur quotidien, autrefois rythmé par la vente de bétail et la conduite de troupeaux pour des clients, s’est brutalement arrêté. Leur désespoir est palpable :
« L’an dernier à cette époque, nous gagnions notre vie en vendant des moutons ou en transportant des bœufs. Aujourd’hui, nous sommes sans ressources. Pourtant, nous venons chaque jour ici, espérant trouver un peu d’aide. »
Leur situation illustre l’effondrement des micro-économies locales, privées de leur principal levier : l’accès aux marchés et aux espaces d’échange.
Un suivi humanitaire insuffisant
Bien que des acteurs comme le Samu Social Mali et l’Unicef, sous l’égide de la Direction nationale du développement social, assurent un suivi des enfants du centre éducatif du site évacué, les défis restent immenses. Les 300 familles déplacées, autrefois installées dans un campement informel, attendent toujours une relocalisation dans des conditions décentes.
Pour l’instant, aucun espace aménagé n’a été officiellement proposé. La fête de Tabaski, symbole de partage et de solidarité, se transforme ainsi en une épreuve supplémentaire pour ces populations déjà éprouvées.