Tanzanie : le bilan officiel de 518 morts après les élections de 2025 suscite la controverse

Six mois après le scrutin présidentiel du 29 octobre 2025, la Commission d’enquête mandatée par l’État a rompu le silence à Dar es Salaam. En communiquant un chiffre de 518 décès, les autorités tanzaniennes espèrent tourner la page des émeutes. Cependant, cette annonce a immédiatement provoqué l’indignation de l’opposition et des organisations non gouvernementales, qui qualifient ces données de largement sous-estimées.

Les conclusions d’une enquête officielle contestée

C’est dans un climat de forte tension que les enquêteurs nommés par le pouvoir exécutif ont dévoilé leurs résultats concernant les heurts sanglants de la fin d’année dernière. Le document officiel attribue ces 518 morts à des confrontations entre civils et forces de l’ordre, ainsi qu’à des heurts entre communautés.

Tout en admettant pour la première fois la gravité des faits, le gouvernement affirme que la plupart des victimes ont péri lors de « débordements incontrôlés » au cours de rassemblements interdits. Le rapport pointe également une part de responsabilité chez certains leaders d’opinion, accusés d’avoir attisé les tensions sociales.

Une divergence majeure sur le nombre de victimes

Le bilan de 518 morts est loin de clore le débat, tant l’écart avec les estimations indépendantes est flagrant. Dès la sortie du rapport, les critiques ont dénoncé une tentative de dissimulation.

  • La position de l’opposition : Les partis politiques rivaux maintiennent que le nombre réel de morts se compte en milliers. Ils soulignent également l’absence totale de mention des disparitions forcées dans le texte officiel.
  • Le point de vue des défenseurs des droits humains : S’appuyant sur des preuves matérielles et des clichés satellites, plusieurs ONG internationales affirment que la répression était systématique et organisée, rejetant la thèse gouvernementale de simples dérapages isolés.

Entre apaisement diplomatique et quête de vérité

L’enjeu de cette communication semble être avant tout géopolitique. En reconnaissant une partie des torts, le régime de Dar es Salaam tente de satisfaire les exigences de la communauté internationale tout en se protégeant contre d’éventuelles poursuites pour crimes contre l’humanité devant les tribunaux internationaux.

Pour certains acteurs de la société civile, ce document ne cherche pas à établir la vérité historique, mais plutôt à restaurer l’image diplomatique du pays sur la scène mondiale.

Vers une enquête internationale ?

Loin de calmer le jeu, la publication de ce rapport pourrait exacerber les tensions. La demande pour une expertise internationale et totalement indépendante devient le nouveau mot d’ordre des contestataires. Tant que la lumière ne sera pas faite sur l’identité des commanditaires et le nombre exact de victimes, les événements de 2025 continueront de peser lourdement sur l’avenir politique de la Tanzanie.

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