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Uranium au Niger : tensions entre orano et Niamey bloquent les exportations

Mine d’uranium au Niger exploitée par Orano

Le Niger, riche en ressources minières, se trouve au cœur d’un conflit persistant entre l’État nigérien et le géant français Orano. Cette confrontation entrave la commercialisation de l’uranium local, un enjeu économique majeur pour le pays d’Afrique de l’Ouest.

Depuis juillet 2023, la junte militaire dirigée par le général Abdourahamane Tiani a fait de la **souveraineté économique** une priorité nationale. En juin 2025, les autorités nigériennes ont pris la décision controversée de nationaliser la Somaïr, filiale d’Orano, et de mettre en vente son uranium sur les marchés internationaux. En réponse, Orano a lancé plusieurs actions en justice, aggravant ainsi les tensions entre Paris et Niamey.

Un différend autour de la mine d’Imouraren

Le ministre nigérien des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, a dénoncé ces procédures lors d’une intervention télévisée le 4 mai 2026. Selon lui, elles constituent un « harcèlement judiciaire » et compliquent la vente de 1 800 tonnes de yellow cake (concentré d’uranium), d’une valeur estimée à 380 millions de dollars, produites depuis 2023 par la Somaïr. « Nous n’avons encore rien vendu », a-t-il déploré.

Parmi les griefs du Niger figure également le retrait du permis d’exploitation de la mine d’Imouraren, effective depuis 2024. Orano conteste cette décision et a engagé une dizaine de procédures, dont une a abouti à une sentence arbitrale lui permettant de protéger les stocks de la Somaïr des ingérences nigériennes.

Des acheteurs potentiels hésitants

Malgré l’intérêt manifesté par certains acteurs industriels et États, les discussions restent au point mort. Le ministre Abarchi a souligné que de nombreux partenaires « reviennent souvent sur leurs engagements » en raison des litiges en cours. Pourtant, il a affirmé que Niamey était en pourparlers avec des « acheteurs sérieux », sans pour autant préciser leur identité.

Le chef de la junte, le général Tiani, avait pourtant proposé une solution en février 2026 : céder à la France les stocks d’uranium produits avant son arrivée au pouvoir, soit environ 100 tonnes selon ses estimations. « Tout ce qui a été extrait ensuite appartient au Niger et lui restera », avait-il assuré.

Orano, de son côté, a nié toute démarche officielle visant à engager un dialogue avec le gouvernement nigérien, malgré ses demandes répétées.

Ce bras de fer illustre les défis auxquels fait face le Niger pour concilier **politique minière indépendante** et relations internationales tendues, alors que l’uranium représente une source majeure de revenus pour le pays.

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