blocus routes Mali : Bamako inaccessible, voyageurs bloqués

Au Mali, les voyageurs subissent les conséquences du blocus des axes routiers menant vers Bamako, décrété par le Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, après les attaques du 25 avril dernier qui ont ciblé plusieurs localités du pays.
Des véhicules de transport et de marchandises en direction de la capitale malienne ont été incendiés la semaine dernière par les groupes djihadistes. Si certaines compagnies continuent d’assurer des liaisons, d’autres ont suspendu leurs activités par précaution.
Trajets rallongés et voyages annulés
Notre arrivée à Bamako, en cette matinée du 11 mai, coïncide avec l’arrivée d’un bus en provenance de la Mauritanie. Ce véhicule a quitté Nouakchott la semaine précédente, mais son trajet illustre les difficultés actuelles.
Un migrant malien, que nous appellerons Mody pour des raisons de sécurité, témoigne : « Nous avons quitté Nouakchott jeudi dernier à 7 heures du matin pour arriver à Gogui, à la frontière, à 23 heures. Les transporteurs nous ont informés que la route était risquée. Nous avons passé les nuits de jeudi, vendredi et samedi sur place. Dimanche matin, on nous a annoncé qu’un convoi militaire malien allait nous escorter. Après une longue attente, nous avons finalement démarré sans escorte pour rejoindre Diéma. C’est là-bas que nous avons appris que les premiers bus qui nous avaient devancés ont tous fait demi-tour, sur ordre des djihadistes du Jnim. »
Un responsable de compagnie confirme qu’une dizaine de leurs bus sont bloqués dans les pays voisins et que deux ont été incendiés ce week-end sur les routes nationales.
Une attente prolongée pour les passagers
Dans une autre compagnie reliant Bamako à plusieurs villes maliennes, dont Ségou, certains passagers attendent depuis près d’une semaine pour obtenir un billet.
Seyba, un sexagénaire originaire de Ségou, explique : « Je dois retourner dans ma région, mais aucune compagnie ne propose de trajet pour l’instant. Je suis venu présenter mes condoléances à ma famille après le décès d’un proche. On m’a informé que la route était dangereuse. J’ai cherché un ticket dans quatre autres compagnies sans succès. Si je ne trouve pas de véhicule, je resterai à Bamako en attendant. »
Le gérant d’une compagnie confirme avoir perdu cinq de ses bus samedi dernier, incendiés par des éléments du Jnim qui appliquent ce blocus sur les routes vers Bamako. Pour l’instant, la société a décidé de suspendre ses liaisons vers et depuis la capitale.