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Coup d’état manqué au Bénin : patrice talon résiste à la mutinerie militaire

une tentative de putsch avortée à Cotonou

Dans un climat de surprise totale, un groupe de militaires a tenté de renverser le gouvernement béninois ce dimanche 7 décembre. Les mutins ont brièvement pris le contrôle de la télévision publique, la SRTB, à Cotonou, avant d’être neutralisés par les forces armées loyales au président Patrice Talon. L’opération, qualifiée d’électrochoc par les observateurs, marque la première tentative de coup d’État dans le pays depuis 1972.

Dès l’aube, des explosions ont retenti dans le quartier Guézo, où se situe la résidence présidentielle. Les assaillants, soutenus par des éléments extérieurs, ont d’abord ciblé les domiciles de hauts gradés avant de se diriger vers les institutions stratégiques. Malgré leur avancée initiale, les forces loyalistes ont repris le contrôle des sites clés, dont la télévision nationale, où les mutins avaient tenté de diffuser un message de prise de pouvoir.

patrice talon dénonce une trahison gravissime

Le président Patrice Talon, 67 ans, a réagi avec fermeté lors d’une allocution télévisée en soirée. « Notre pays a subi aujourd’hui des événements d’une extrême gravité. Cette trahison ne restera pas sans conséquences. » Il a également révélé que certains civils étaient encore détenus par les insurgés en fuite, soulignant l’urgence de sécuriser pleinement la situation.

Le drame a pris une tournure tragique avec la mort de l’épouse du général Bertin Bada, directeur du cabinet militaire du président. Une enfant a également été blessée lors de l’assaut contre leur domicile à Abomey-Calavi, un quartier résidentiel de Cotonou. Ces événements ont plongé la population dans un état de choc et de confusion.

une riposte militaire immédiate

Dès les premières heures, les Forces armées béninoises, restées fidèles à leur serment républicain, ont mené une contre-offensive décisive. Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a confirmé que la majorité des soldats étaient demeurés loyaux au président. Seuls un petit groupe de mutins, dirigés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, étaient impliqués dans cette manœuvre.

Le lieutenant-colonel Tigri avait proclamé la suspension de la Constitution et la dissolution des institutions, annonçant la création d’un Comité militaire pour la refondation. Il accusait Patrice Talon de priver les citoyens de leurs droits électoraux et de gouverner par des lois crisogènes. Ses déclarations, diffusées sur les ondes de la SRTB, ont rapidement été contredites par l’action des forces loyales.

la communauté internationale en alerte

Les ambassades des États-Unis et de France ont émis des alertes à destination de leurs ressortissants, signalant des échanges de tirs dans le quartier Guézo. La situation a également mobilisé les organisations régionales. La CEDEAO et l’Union africaine ont condamné sans réserve cette tentative de coup d’État.

La CEDEAO a annoncé le déploiement immédiat d’une force régionale composée de contingents nigérians, ivoiriens, ghanéens et sierra-léonais. Cette intervention visait à soutenir l’armée républicaine béninoise et à préserver l’ordre constitutionnel. De son côté, l’Union africaine a exhorté les militaires impliqués à regagner leurs casernes et à cesser toute action illégale.

un contexte politique et sécuritaire sous tension

À quelques mois de la présidentielle d’avril, prévue pour marquer la fin du deuxième mandat de Patrice Talon, le Bénin traverse une période critique. Le nord du pays reste sous la menace des attaques djihadistes, tandis que des tensions politiques persistent autour de la réforme constitutionnelle adoptée récemment.

Cette réforme, qui prolonge la durée des mandats présidentiel et législatif de cinq à sept ans, suscite de vives critiques. Elle a également été utilisée pour écarter le principal candidat de l’opposition, Les Démocrates, renforçant ainsi l’avantage du camp au pouvoir. Le Bloc républicain (BR), associé à l’UP-R, a déjà désigné son successeur : Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances.

Les mutins auraient agi en réaction à cette gouvernance qu’ils jugent excluante. Leur tentative de coup d’État révèle des fractures profondes au sein de l’armée et du paysage politique béninois, laissant planer des questions sur d’éventuels commanditaires et complices.

le Bénin, nouvelle cible des putschs en afrique de l’ouest ?

Cette tentative de putsch s’inscrit dans un contexte régional marqué par une recrudescence des prises de pouvoir militaires. Depuis 2020, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont connu des coups d’État : Niger, Burkina Faso, Mali, Guinée, et plus récemment la Guinée-Bissau. Le Bénin, longtemps considéré comme un îlot de stabilité, se retrouve désormais sous les projecteurs.

La population, encore sous le choc, tente de comprendre les motivations des insurgés. Les réseaux sociaux, notamment TikTok et Facebook, ont joué un rôle clé dans la propagation des rumeurs, alimentant la confusion. Les autorités appellent désormais à la vigilance et à la retenue, alors que la situation semble se stabiliser progressivement.

Coup d’état manqué au Bénin : patrice talon résiste à la mutinerie militaire
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