situation alarmante des droits humains au Mali en 2025
En 2025, le Mali fait face à une dégradation significative de ses droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression, la réunion pacifique et l’association. Des membres de l’opposition, de la société civile et des journalistes subissent des arrestations arbitraires, des disparitions forcées ou des détentions illégales. Les forces de sécurité, leurs alliés et les groupes armés multiplient les violations des droits humains : homicides illégaux, tortures et blocus ciblant les populations civiles. Par ailleurs, 2 036 écoles sont fermées en raison de l’insécurité, privant des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation.
contexte politique et sécuritaire au Mali
La situation au Mali en 2025 est marquée par des tensions politiques persistantes. Après l’échec d’un processus de paix boycotté par les partis politiques, les autorités ont adopté en février la Charte nationale pour la paix et la réconciliation. Cependant, la transition politique, prolongée de cinq ans en avril, reste instable. En juin, le groupe Wagner a été remplacé par l’Africa Corps, une structure sous contrôle du ministère russe de la Défense, dans le cadre d’un partenariat sécuritaire avec Bamako.
En août, les autorités ont annoncé avoir déjoué un coup d’État et arrêté plusieurs officiers militaires ainsi qu’un diplomate français. Parallèlement, le Mali a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI) en septembre, une décision qui suscite des interrogations sur l’impunité des violations des droits humains.
répression des libertés : dissolution des partis et manifestations réprimées
Les autorités maliennes ont dissous tous les partis politiques, illustrant la répression systématique des libertés d’expression, de réunion et d’association. En avril et mai, des manifestations contre cette mesure ont été violemment réprimées par les forces de sécurité à Bamako, la capitale. Ces événements mettent en lumière l’autoritarisme croissant du régime et son mépris pour les droits démocratiques.
disparitions forcées et arrestations arbitraires
Plusieurs personnalités de la société civile et de l’opposition ont été victimes de disparitions forcées ou d’arrestations arbitraires. Parmi eux :
- Alou Badra Sacko, coordonnateur de l’Appel du 20 février et président du mouvement Touche pas à mon argent, enlevé le 14 mars à Bamako après avoir critiqué les taxes sur les transactions mobiles. Libéré le 24 mai après deux mois de détention secrète.
- El Bachir Thiam, dirigeant du parti Yelema, disparu le 8 mai avant d’être libéré le 26 septembre à la suite d’une pression internationale.
- Alhassane Abba, secrétaire général du parti Convergence pour le développement du Mali, enlevé le même jour et relâché sans poursuites le 5 juin.
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a également appelé à la libération de militants détenus depuis 2023, comme Moulaye Baba Haïdara, Mahamoud Mohamed Mangane et Amadou Togola, tous victimes de tortures en détention. L’ancien Premier ministre Moussa Mara a été condamné en octobre à un an de prison pour avoir dénoncé les détentions arbitraires sur X. Quant au militant anticorruption Clément Dembele, toujours incarcéré malgré l’annulation des charges contre lui en avril, son cas reste emblématique de l’impunité judiciaire.
violences perpétrées par les groupes armés
Les groupes armés, tels que l’État islamique au Sahel (EIS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), intensifient leurs attaques contre les civils. En février, l’EIS a tué 34 civils dans une attaque contre un convoi près de Gao. En mai, Sidi Barka, un dirigeant de la société civile, a été enlevé à Ménaka et retrouvé mort en août. Le maire de Konna, Ousmane Kampo, a également été enlevé avant d’être libéré en octobre. En novembre, Mariam Cissé, une figure des réseaux sociaux, a été exécutée après son enlèvement à Echell.
Le GSIM a imposé des blocus à Gossi, Léré et Diafarabé, privant les populations d’accès à la nourriture et aux soins. En juillet, le groupe a étendu ses restrictions aux routes reliant le Sénégal et la Côte d’Ivoire, ciblant les camions-citernes et aggravant la crise humanitaire.
exactions de l’armée et de ses alliés
Les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs partenaires, dont l’Africa Corps, sont accusés de tortures et d’exécutions extrajudiciaires. En mars, une frappe de drone a tué 10 civils à Ejdeïr pendant un marché. En avril, une centaine d’hommes de la communauté peule ont été arrêtés à Sebabougou, torturés et exécutés sommairement au camp de Kwala. En mai, 23 à 27 hommes ont été enlevés lors d’un marché à Diafarabé, exécutés et enterrés dans des fosses communes. Malgré les promesses d’enquête, aucune suite n’a été donnée.
crise de l’éducation : des milliers d’enfants privés d’école
La crise sécuritaire a un impact dévastateur sur le droit à l’éducation. En juin 2025, 2 036 écoles étaient fermées, contre 1 984 en 2024, privant 618 000 enfants de leur scolarité. La région de Kidal est la plus touchée, avec 63 % d’enfants déscolarisés. Cette situation aggrave les inégalités et menace l’avenir des jeunes Maliens.