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Efficacité limitée de l’africa corps russe au Mali face au terrorisme

L’Africa Corps russe au Mali : une stratégie moins agressive et ses conséquences

Depuis que la Russie a remplacé les mercenaires de Wagner par l’Africa Corps au Mali, une baisse notable de l’engagement militaire russe dans la lutte antiterroriste est observée. Cette transition, initiée après le décès d’Evgueni Prigojine en 2023, s’accompagne d’une approche moins offensive, entraînant une augmentation de la charge pour l’armée malienne.

Une participation russe en forte diminution

Les données de l’Armed Conflict Location and Event Data Project (ACLED) révèlent une chute significative des activités militaires impliquant des combattants russes au Mali. En 2024, on comptait 537 batailles incluant des Russes, contre seulement 402 en 2025, soit une baisse de plus de 33 %. Depuis le début de l’année 2026, ce chiffre est tombé à 24 incidents mensuels en moyenne.

Cette réduction de l’empreinte russe coïncide avec le déploiement de l’Africa Corps, dont la stratégie diffère radicalement de celle de Wagner. Alors que Wagner intervenait massivement sur le terrain, l’Africa Corps adopte une posture plus passive, privilégiant les drones et l’entraînement des forces locales depuis ses bases.

Des conséquences dramatiques pour les civils maliens

Entre janvier 2024 et juin 2025, les opérations conjointes de Wagner et de l’armée malienne ont causé plus de 1 440 victimes civiles. Ce bilan est quatre fois supérieur à celui enregistré par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) pendant la même période. Les méthodes brutales de Wagner, notamment lors d’opérations controversées comme celle de Moura (plus de 300 morts civils), ont marqué les esprits.

Bien que l’Africa Corps continue de commettre des exactions, celles-ci se font désormais à une échelle réduite. Cependant, les civils maliens paient toujours le prix fort de cette collaboration militaire. Le pays reste classé comme le cinquième État le plus touché par le terrorisme dans le monde, avec de vastes zones sous contrôle djihadiste.

Une alliance controversée et ses répercussions régionales

La junte malienne, au pouvoir après un coup d’État, a justifié son rapprochement avec la Russie en critiquant l’incapacité du gouvernement civil à endiguer la menace terroriste. Pourtant, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les groupes comme le GSIM et l’État islamique du Grand Sahara ont étendu leur influence, s’avançant même vers les pays côtiers comme le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo.

Isaac Idemeto, analyste nigérian, souligne dans un essai : « Les conséquences pour les civils sont catastrophiques : massacres documentés, déplacements massifs et absence d’amélioration sécuritaire. Les groupes djihadistes, loin d’être vaincus, ont renforcé leur emprise depuis l’arrivée des Russes ».

Un changement de stratégie mal perçu

Lou Osborn, enquêtrice pour All Eyes on Wagner, explique que l’Africa Corps prend désormais ses décisions à Moscou plutôt qu’au Mali, ce qui limite les risques mais réduit aussi l’efficacité opérationnelle. « Cette approche plus institutionnelle rappelle celle de l’opération Barkhane, rejetée par le Mali », précise-t-elle.

Cette nouvelle stratégie a également affaibli les mécanismes de coopération régionale. Le Mali s’est retiré des missions comme la Force conjointe du G5 Sahel, créant un vide sécuritaire que les groupes terroristes exploitent. « L’instabilité se déplace vers le sud, menaçant les pays les plus peuplés et économiquement stables d’Afrique de l’Ouest », alerte Idemeto.

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