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Nouveau centre du GIABA à Abidjan : un levier contre la criminalité financière en afrique de l’ouest

Le ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a marqué l’histoire récente du pays en présidant, dans la commune de Cocody, l’inauguration officielle des nouveaux locaux du Centre d’Information du GIABA. Cette cérémonie, organisée le 12 août 2026, symbolise un engagement renforcé dans la lutte contre les flux financiers illicites et les mécanismes de financement du terrorisme.

Ce projet, fruit d’une collaboration entre l’État ivoirien et le GIABA, s’inscrit dans le cadre des obligations découlant de l’Accord de Siège signé avec l’organisation intergouvernementale. Il s’agit d’une avancée majeure pour accélérer la coopération régionale et mutualiser les efforts des États membres de la CEDEAO face à une criminalité financière en constante mutation.

Un centre régional dédié à la prévention des flux illicites

La création du Centre d’Information du GIABA à Abidjan remonte à une décision historique prise par les ministres de la CEDEAO lors de leur 65e Session ordinaire, tenue à Abuja le 26 novembre 2010. Cette initiative visait à doter l’espace communautaire de deux pôles spécialisés : l’un à Lagos pour les pays anglophones, l’autre à Abidjan pour les États francophones et lusophones.

Après la signature de l’Accord de Siège le 29 mars 2014 à Yamoussoukro, en marge du 44e Sommet des chefs d’État de la CEDEAO, le Centre a officiellement démarré ses activités le 21 septembre 2015. Depuis cette date, il joue un rôle clé dans la sensibilisation, la formation et la documentation sur les enjeux de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.

Un outil au service de la coopération et de l’expertise régionale

Lors de l’inauguration, Adama Coulibaly a souligné l’importance cruciale d’une approche collective face à l’évolution des techniques de criminalité financière. « Aucun pays ne peut seul endiguer ces phénomènes », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de partager les compétences, les informations et les ressources pour une réponse efficace.

Le nouveau Centre se positionne comme une plateforme régionale dédiée à plusieurs missions : sensibilisation du public, renforcement des capacités des acteurs, recherche appliquée, documentation et communication. Son objectif ? Devenir un outil d’excellence pour la CEDEAO et l’ensemble de l’espace ouest-africain dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Des activités variées pour un impact concret

Sous la direction d’Edwin W. Harris Jr., le GIABA a développé une gamme d’activités pour mobiliser les acteurs locaux et régionaux. Parmi elles : des journées portes ouvertes pour les jeunes, des conférences publiques, des concours d’art oratoire, ainsi que des séminaires de sensibilisation et de formation ciblant les médias, les leaders religieux et la société civile. Ces initiatives visent à ancrer la culture de l’intégrité financière au sein des communautés.

Le Centre a également joué un rôle actif dans le processus d’évaluation mutuelle des États, contribuant ainsi à l’harmonisation des normes et des pratiques en matière de LBC/FT.

Un centre de formation innovant pour professionnaliser les acteurs

L’une des innovations phares des nouveaux locaux réside dans l’intégration d’un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT). Cet espace technologique permettra de dispenser des modules spécialisés adaptés aux besoins des différents publics : autorités compétentes, institutions financières, professions assujetties, magistrats, services d’enquête, universitaires et étudiants.

Les formations, conçues pour répondre aux exigences des acteurs impliqués dans la prévention et la répression de la criminalité financière, pourront être sanctionnées par des certificats. Cette approche vise à professionnaliser davantage les acteurs régionaux et à renforcer l’expertise collective en matière de lutte contre les flux financiers illicites.

Un héritage pour l’avenir

Cette inauguration prend une dimension supplémentaire avec l’échéance du mandat d’Edwin W. Harris Jr., dont la direction du GIABA s’achève le 31 août 2026. L’ouverture des nouveaux locaux, à quelques jours de cette date, illustre une volonté de pérenniser les efforts collectifs et de laisser aux États membres un outil durable. Ce centre doit servir de carrefour régional du savoir et de la coopération, où innovation et partage d’informations se conjuguent pour renforcer la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Les administrations publiques, les institutions financières, les universités, les médias et la société civile sont invités à s’approprier cet espace et à participer activement aux formations et activités proposées. Une attention particulière sera accordée à la jeunesse, aux étudiants et aux jeunes professionnels, afin d’en faire des acteurs clés de la bonne gouvernance et du développement économique de l’Afrique de l’Ouest.

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