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Pourvoi en cassation : le procès Norbert Zongo encore repoussé au Burkina Faso

Pourvoi en cassation : le procès Norbert Zongo encore repoussé au Burkina Faso

Le procès Norbert Zongo, symbole de la lutte contre l’impunité au Burkina Faso, recule à nouveau. Un pourvoi en cassation, introduit par la défense de l’un des accusés, suspend une fois de plus l’avancée de ce dossier judiciaire qui s’éternise depuis près de trois décennies.

Un recours judiciaire qui bloque la procédure

Le procureur général près la Cour d’appel de Ouagadougou a confirmé l’introduction d’un pourvoi en cassation par Me Paul Kéré, avocat de Yaro Banagoulo, l’un des mis en examen dans l’affaire. Ce recours, déposé le 31 juillet 2026, vise à contester l’arrêt rendu la veille par la chambre de l’instruction, qui avait confirmé le renvoi en jugement de trois personnes.

Selon les autorités judiciaires, la décision du 30 juillet 2026 de la chambre de l’instruction, maintenant le renvoi devant une juridiction de jugement, est désormais contestée. Une annonce qui intervient après des années de procédures complexes et de rebondissements multiples.

Trois accusés maintenus, mais le procès s’éloigne

La chambre de l’instruction avait confirmé le renvoi en jugement de :

  • Wanga Christophe Combasséré, poursuivi pour assassinat et destruction volontaire aggravée de biens ;
  • Banagoulo Yaro, visé pour complicité d’assassinat et destruction volontaire aggravée de biens ;
  • Paul François Compaoré, poursuivi pour incitation à la commission d’un assassinat.

Ce pourvoi en cassation ouvre une nouvelle phase procédurale, retardant d’autant plus l’organisation du procès. Le procureur général a toutefois réaffirmé la volonté des autorités judiciaires de mener ce dossier à son terme dans les meilleurs délais, en respectant strictement les règles de la procédure.

Un crime aux répercussions politiques et sociales

Le journaliste Norbert Zongo, directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant, a été assassiné le 13 décembre 1998 sur la route de Sapouy, à une centaine de kilomètres au sud de Ouagadougou. Son frère Ernest Zongo, son chauffeur Abdoulaye Nikiéma (surnommé Ablassé) et son collaborateur Blaise Ilboudo avaient également péri dans l’incendie du véhicule.

À l’époque, Norbert Zongo enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère cadet de l’ex-président Blaise Compaoré. Pour les défenseurs des droits humains et de la liberté de la presse, ce lien illustre la dimension politique de cette affaire, longtemps perçue comme un symbole de l’impunité au Burkina Faso.

Un dossier judiciaire sous haute tension depuis 1998

Cette procédure, qui s’étire depuis plus de 27 ans, a connu de nombreux obstacles. En 2006, un non-lieu avait été confirmé, provoquant l’indignation de la famille du journaliste, des organisations de défense des droits humains et d’une partie de la société civile burkinabè.

Le dossier a connu un regain d’attention après la condamnation du Burkina Faso par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples en mars 2014. La juridiction avait pointé du doigt les lenteurs et les carences de la justice nationale, ordonnant la reprise des investigations en juin 2015.

Malgré les multiples rebondissements, l’affaire Norbert Zongo reste l’un des dossiers judiciaires les plus marquants du Burkina Faso, et un rappel constant des défis persistants en matière de justice et de lutte contre l’impunité dans le pays.

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