Au Mali, des frappes de drones de l’armée coûtent la vie à dix civils lors d’un mariage traditionnel
Un drame a endeuillé la localité de Téné, dans le centre du Mali, dimanche lorsque des frappes aériennes menées par l’armée ont visé des civils en pleine préparation d’un mariage collectif. Au moins dix personnes, dont plusieurs jeunes, ont péri, illustrant l’ampleur des tensions sécuritaires qui secouent le pays depuis des mois.

Un mariage transformé en deuil : le récit des habitants
Les frappes ont frappé de plein fouet la célébration d’un mariage traditionnel, un événement culturel majeur pour la communauté de Téné. « Ce qui devait être une journée de joie est devenu une tragédie », confie un habitant sous couvert d’anonymat. Dix de nos enfants ont été emportés par des tirs dont l’origine reste floue ».
Selon des sources locales, les drones ont ciblé un cortège de motos, un rassemblement typique lors des préparatifs de ce type de cérémonie. « Les frappes ont visé des civils innocents, sans distinction », ajoute un élu local. Ce drame laisse une communauté en deuil, avec des familles brisées et une région sous tension.
Contexte : une crise sécuritaire qui s’aggrave au Mali
Cette attaque s’inscrit dans un climat de violences exacerbées depuis fin avril, marqué par des offensives jihadistes et des représailles contre les populations civiles. Les groupes armés, dont le JNIM (lié à Al-Qaïda) et le FLA, ont multiplié les attaques dans le centre du pays, tandis que l’armée malienne, affaiblie, peine à maintenir l’ordre.
Les représailles contre les civils, accusés de collusion avec l’ennemi, se multiplient. « Les exactions touchent aussi bien les jihadistes que les forces armées et leurs alliés », expliquent des observateurs. Les routes menant à Bamako sont désormais sous blocus, et des véhicules de transport ont été incendiés ces dernières semaines.
Réactions et conséquences
Des organisations de la société civile ont récemment saisi la Cour africaine des droits de l’homme pour dénoncer les violations présumées commises par les forces maliennes et leurs alliés. « Ces frappes illustrent l’urgence d’une solution pour protéger les populations », souligne un militant des droits humains.
Dans ce contexte, la population civile paie le prix fort, entre violences armées et instabilité politique. Le Mali reste plongé dans une crise sans précédent, où chaque jour apporte son lot de drames et d’incertitudes.